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mediaContent,habsons,idMedia=1102208,,Pétain, appel du 17 juin 1940
Pétain, appel du 17 juin 1940
« Il faut cesser le combat »
C'est cet « appel » - et non celui du général de Gaulle le 18 juin - que la France envahie, jetée sur les routes de l'exode, écouta en juin 1940. Le vieux maréchal (84 ans) y annonce qu'il vient d'être nommé Premier ministre par le président Lebrun (il ne sera chef de l'État français que le 10 juillet) et qu'il a demandé l'armistice. Faisant « don de sa personne à la France » il adopte un ton messianique et se pose en homme providentiel. Au faîte de sa popularité, pensant pouvoir négocier avec Hitler, il se sait soutenu par l'armée et n'attribue la défaite qu'à la supériorité matérielle de l'Allemagne.
Institut des Archives Sonores
« Français, à l'appel de M. le Président de la République, j'assume aujourd'hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l'affection de notre admirable armée, qui lutte avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires contre un ennemi supérieur en nombre et en armes ; sûr que par sa magnifique résistance, elle a rempli nos devoirs vis-à-vis de nos alliés ; sûr de l'appui des anciens combattants que j'ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.
En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat.
Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire, pour lui demander s'il est prêt à rechercher avec moi, entre soldats, après la lutte et dans l'honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités.
Que tous les Français se groupent autour du gouvernement que je préside durant ces dures épreuves, et fassent taire leur angoisse pour n'écouter que leur Foi dans le destin de la Patrie. »