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Marguerite Duras parle de sa passion pour l'écriture

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Marguerite Duras parle de sa passion pour l'écriture
« Je suis un écrivain. Rien d’autre qui vaille la peine d’être retenu »
Quand elle fait cette déclaration, le 20 octobre 1984, Marguerite Duras vient de publier L'Amant, un roman autobiographique, qui connaît un immense succès, mais déconcerte ses lecteurs les plus fidèles, habitués à des livres plus « difficiles ». Elle définit ici ce qui fait l'unité de son œuvre et ce qui fonde sa vie : l'écriture, quel que soit le type de l'écrit. Une déclaration d'autant plus importante que, pour Marguerite Duras, déclarations et entretiens sont une partie de son œuvre. Elle a écrit jusqu'à sa mort, en 1996.
Institut des Archives Sonores
«  Je suis un écrivain. Rien d’autre qui vaille la peine d’être retenu. Quand on écrit, si vous voulez, on est cette absence permanente à l’autre qui dure pratiquement le temps que dure la vie, le temps que dure l’écriture. Je ne sais pas jusqu’à quel âge j’écrirai, mais je sais que depuis l’âge de dix-huit ans, dix-huit ans oui, je ne pense qu’à écrire. J’ai eu des accidents de parcours, des enfants, des hommes. Mais je ne sais pas si ces accidents ne sont pas eux-mêmes allés dans l’écrit. C’est un dédoublement, c’est comme... c’est l’équivalent d’un déplacement de soi. J’en parle mal. Je ne peux pas en parler bien. Parce que je pense à l’ambiguïté fondamentale de l’écrit, qui se reporte sur l’écrivant si vous voulez, qui doit être l’ambiguïté fondamentale d’écrire. Cette personne qui est entière, qui voit et qui entend et qui parle, a besoin de ne plus parler, d’être aveugle, de se boucher les yeux, de se boucher les oreilles, pour retrouver ce qu’elle a vécu. Pour en écrire. Sans ça, dans la littéralité des faits, il n’y a pas d’écriture. Il n’y a rien.  »
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