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Tolkien dit la Chanson des Mewlips

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Tolkien dit la Chanson des Mewlips
« Noirceur et moiteur d'encre »
Cette complainte est extraite du livre de J. R. R. Tolkien, Les Aventures de Tom Bombadil. Avant d'écrire les romans cultes que sont les trois tomes du Seigneur des Anneaux, John Ronald Reuel Tolkien est spécialiste de littérature médiévale et émaille son œuvre de poèmes et chansons dans la tradition des épopées du haut Moyen-Age. Quant aux Aventures de Tom Bombadil, rédigées en 1962, elles sont écrites en vers. Leur auteur en lit un extrait avec toute l'éloquence surannée qui convient à l'univers terrifiant qu'il évoque.
Institut des Archives Sonores
«  The shadows where the Mewlips dwell Are dark and wet as ink, And slow and softly rings their bell, As in the slime you sink. You sink into the slime, who dare To knock upon their door, While down the grinning gargoyles stare And noisome waters pour. Beside the rotting river-strand The drooping willows weep, And gloomily the gorcrows stand Croaking in their sleep. Over the Merlock Mountains a long weary way, In a mouldy valley where the trees are grey, By a dark pool's borders without wind or tide, Moonless and sunless, the Mewlips hide. The cellars where the Mewlips sit Are deep and dank and cold With single siskly candle lit; And there they count their gold. Their walls are wet, their ceilings drip; Their feet upon the floor Go softly with a squish-flap-flip, As they sidle to the door. They peep out slyly; though a crack Their feeling fingers creep, And when they've finished, in a sack Your bones they take to keep Beyond the Merlock Mountains, a long and lonely road, Through the spider-shadows and the marsh of Tode And through the wood of hanging trees and the gallows-weeds You go to find the Mewlips - and the Mewlips feed.  » Traduction : «  La pénombre où demeurent les Mewlips N'est que noirceur et moiteur d'encre, Doucement et lentement sonne leur cloche Quand vous vous enfoncez dans la vase. Enfoncez-vous dans la vase Vous qui osez frapper à leur porte, Tandis que d'en haut d'hilares gargouilles vous observent, Déversant leurs eaux répugnantes. Au bord de la berge décomposée Pleurent les saules voûtés, Et là, les sombres corneilles Croassent dans leur sommeil. Par delà les Monts Merlock, après un long chemin ennuyeux Dans une vallée inhospitalière où les arbres sont gris Au bord d'un marécage noir sans vent ni marée, Sans lune et sans soleil, se cachent les Mewlips. Les caves où s'assemblent les Mewlips Sont profondes et humides et froides Éclairées par une unique et chétive bougie, C'est là que les Mewlips comptent leur or. Leurs murs sont humides, leurs plafonds suintent Leurs pas sur le sol Sont ponctués de "plouf flic floc" Quand ils se glissent vers la porte. Ils jettent un coup d'œil sournois; Par une fissure, se glissent leurs doigts palpeurs, Quand ils ont fini, dans un grand sac Ils emballent vos os pour les conserver. Par delà les Monts Merlock, après une interminable route monotone Entre les ombres arachnéennes et les marais de Tode, Par le bois des arbres suspendus et l'herbe folle des gibets, Vous partez chercher les Mewlips et vous finirez à leur banquet... »
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