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mediaContent,habsons,idMedia=1101887,,Interview de Jean-Paul Sartre, le 13 mai 1968
Interview de Jean-Paul Sartre, le 13 mai 1968
« Le seul rapport qu'ils puissent avoir avec cette université, c'est de la casser »
Lorsque Jean-Paul Sartre donne cette interview, le 13 mai 1968, le mouvement étudiant né à Nanterre s'est étendu au Quartier latin depuis le 3 mai, des étudiants ont été arrêtés. Chaque jour les étudiants dressent des barricades, et jettent des pavés en criant « libérez nos camarades ». L'analyse que Jean-Paul Sartre fait du mouvement de la jeunesse, dont il exalte l'idéalisme, est évidemment celle qui convient au vieux philosophe, défenseur de toutes les luttes révolutionnaires. Elle ne correspond plus tout à fait à la réalité du 13 mai. Cette journée marque en effet le début d'un mouvement de contestation qui englobe d'autres catégories sociales : des centaines de milliers de gens défilent à Paris, et la vague de grèves qui va paralyser le pays vient de commencer.
Institut des Archives Sonores
« La violence est la seule chose qui reste, quel que soit le régime, aux étudiants qui sont jeunes, qui pensent qu'ils ne sont pas encore entrés dans le système que leur ont fait leurs pères, et qui ne veulent pas y entrer. Autrement dit, ils ne veulent pas de concessions, ils ne veulent pas qu'on aménage les choses, qu'on leur donne satisfaction sur une petite revendication, pour en fait les coincer, leur faire prendre la filière et leur faire être dans trente ans le vieux bonhomme usé qu'est leur père.
Ils ne veulent pas du tout y entrer et par conséquent, ce refus est évidemment un refus de violence. Donc si vous voulez, on peut considérer que le seul rapport qu'ils puissent avoir avec cette université, c'est de la casser, et pour la casser, il n'y a qu'une solution : c'est descendre dans la rue. »