Discours du général de Gaulle lors de la capitulation allemande, le 8 mai 1945
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Discours du général de Gaulle lors de la capitulation allemande, le 8 mai 1945
« La guerre est gagnée ! Voici la victoire »
Le général de Gaulle, président du gouvernement de la République française, est entré à Paris le 25 août 1944, mais la guerre se poursuit en Europe jusqu'à la défaite totale de l'Allemagne. Eisenhower avait reçu à Reims la capitulation de Jodl, mais un deuxième acte est signé le lendemain à Berlin par le général Keitel. De Lattre de Tassigny, représentant la France y est présent, à la grande fureur de l'état-major allemand, qui n'aurait eu qu'un mépris ironique pour la phase finale du discours, sur la « gloire des drapeaux français ». De Gaulle a donc réussi. Pour lui en effet, la Résistance devait obtenir que la France soit considérée, non comme un pays vaincu, mais comme un des vainqueurs de l'Allemagne, un membre à part entière des « Nations-Unies », nom que se donnent depuis 1941 les membres de la Grande Alliance contre l'Axe.
Le chef du gouvernement rappelle cependant que des « poches » de résistance sont toujours à redouter : l'île d'Oléron n'a été libérée que le 30 avril 1945. En revanche, de Gaulle, dont le gouvernement comprend des ministres communistes, ne dit rien de l'ambiguïté nouvelle de la situation politique internationale : il parle d'alliés « de l'Ouest et de l'Est », sans évoquer l'antagonisme qui oppose déjà l'URSS, communiste, aux États-Unis et à leurs alliés.
Institut des Archives Sonores
« La guerre est gagnée ! Voici la victoire. C'est la victoire des Nations Unies, et c'est la victoire de la France. L'ennemi allemand vient de capituler devant les armées alliées de l'Ouest et de l'Est. Le commandement français était présent et partie à l'acte de capitulation. Dans l'état de désorganisation où se trouvent les pouvoirs publics et le commandement allemands, il est possible que des groupes ennemis veuillent, çà et là, prolonger pour leur propre compte une résistance sans issue. Mais l'Allemagne est abattue et elle a signé son désastre. Tandis que les rayons de la gloire font, une fois de plus, resplendir nos drapeaux... »