mediaContent,habsons,idMedia=1101893,,Le premier discours enregistré du général de Gaulle, Londres, 22 mai 1940
Le premier discours enregistré du général de Gaulle, Londres, 22 mai 1940
« Non seulement une capitulation, mais encore un asservissement »
« L'appel du 18 juin », le plus célèbre des discours du général de Gaulle fut jugé si insignifiant que la BBC n'en garda pas trace, et qu'il fallut le ré-enregistrer par la suite. En revanche, une fois que le gouvernement de l'État français, dirigé par le maréchal Pétain eut demandé l'armistice, la résistance française devint un atout pour le gouvernement britannique, et le second discours radio-diffusé de de Gaulle est enregistré, dès sa diffusion, le 22 mai 1940.
Le discours, prononcé par une voix qui deviendra vite célèbre, est déjà très « gaullien » ; le refus de la capitulation et l'appel au bon sens sont caractéristiques d'un homme qui dira « toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France ». Dans son analyse de la situation, il veut réduire à néant les arguments du gouvernement français qui prétend, en demandant l'armistice le 20 juin, sauver une partie de sa souveraineté, du territoire et du potentiel militaire français.
Institut des Archives Sonores
« Le gouvernement français, après avoir demandé l'armistice, connaît maintenant les conditions dictées par l'ennemi. Il résulte de ces conditions que les forces françaises de terre, de mer et de l'air, seraient entièrement démobilisées, que nos armées seraient livrées, que le territoire français serait totalement occupé et que le gouvernement français tomberait sous la dépendance de l'Allemagne et de l'Italie. On peut donc dire que cet armistice serait, non seulement une capitulation mais encore un asservissement. Or beaucoup de Français n'acceptent pas la capitulation, ni la servitude, pour des raisons qui s'appellent l'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la patrie. »