En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

znamenny

(de « znamia », neume)

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Chant traditionnel de l'Église orthodoxe russe, dont il constitua la totalité du répertoire musical entre le xiie et le xviie siècle.

Comme la religion orthodoxe, le chant znamenny est d'origine byzantine, et suit le principe de l'Octoechos, cycle de huit semaines liturgiques, à chacune desquelles correspond une cellule mélodique propre. Au cours des siècles, les mélodies du znamenny subirent dans une certaine mesure l'influence des chants populaires russes.Les premiers manuscrits apparaissent au xiie siècle. On distingue déjà à cette époque le chant znamenny usuel et le chant dit « kondakarny », réservé aux occasions solennelles, et vraisemblablement plus développé ; il disparaît au cours du xive siècle.

L'esprit du chant znamenny correspond au xvie siècle lorsque apparaissent le « demestvennoïé pénié » (chant domestique) et le « poutiévoïé pénié » (chant conduit), formes ornées du znamenny, exécutées par des chantres spécialisés. Vers la fin du siècle, la notation se fait plus précise grâce à l'utilisation des « kinovarnyé pomiéty » (signes écarlates), indiquant la hauteur exacte du son. Cette invention, qui constitue une sorte d'intermédiaire entre l'écriture neumatique et la tablature, est due au chantre Ivan Chaïdour. Un apport considérable au développement du znamenny est dû à Féodor Krestianin, auteur de stichères d'une ample invention mélodique.

Toujours chanté a cappella (l'Église orthodoxe interdit l'usage des instruments), le chant znamenny est resté monodique jusqu'au xvie siècle. À partir de la fin du siècle apparaît le chant à plusieurs voix (« mnogoglassié »), contenant parfois des mouvements parallèles de voix et des dissonances étonnantes. Au xviie siècle, qui marque les débuts de l'apport occidental, on voit apparaître les premières compositions paraliturgiques. C'est aussi l'époque où se développe une forme locale du znamenny, le chant de Kiev, qui prend de plus en plus d'importance en raison de son adaptation à des harmonisations à quatre voix.

Les xviiie et le xixe siècles voient disparaître des paroisses les traditions authentiques du znamenny. Au cours du xixe siècle, le travail entrepris par Alexis Lvov, une réalisation complète du cycle de l'Octoechos pour quatre voix homophones, dénatura considérablement les mélodies originales, les contraignant à l'harmonie tonale. Toutefois, le chant znamenny s'est conservé dans les monastères, ce qui permit sa réapparition à la fin du xixe et au début du xxe siècle, grâce aux efforts de Smolensky et surtout de Kastalsky. Une nouvelle harmonisation fut élaborée, modelée sur les principes de la polyphonie populaire russe. Toutefois, de nos jours, ce sont les harmonisations de Lvov qui restent en usage aux offices.