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taqsîm (en arabe et en persan) ou taksim

(en turc moderne)

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Improvisation modale instrumentale solo dans les musiques arabes de l'Iran, de la Turquie et dans les musiques assimilées.

Dans les formes archaïques actuelles, le taqsîm illustre sur un pentacorde ou une octave un mode musical (maqâm, dastgâh) avant le chant ou entre deux chants. Il devrait alors être l'expression idéale d'un mode oriental avec ses structures, ses formules mélodico-rythmiques, ses pivots, ses points d'arrêt, ses cadences avant le retour à la finale du mode, et son « ethos » ou rûh. Mais souvent ce taqsîm est un médiocre archétype ou une imitation maladroite des grands solistes instrumentistes.

L'instrument peut être remplacé par la voix et des mots symboliques ; il s'agit alors d'un layâlî. À un niveau plus évolué, le taqsîm sert de transition entre deux modes successifs d'une suite modale chantée. Le soliste doit alors parfaitement maîtriser l'art de la « modulation » (talwîn en arabe, geçki ou geçis, en turc) selon les règles d'une technique subtile et les usages du bon goût en vue de « moduler » sans brusquerie. À la fin du xixe siècle, des virtuoses de Syrie ont réhabilité l'improvisation de longues suites modales sur un seul instrument, illustrant à partir d'un mode initial toute une série de modes différents et néanmoins compatibles avant retour au mode initial. Ces longues improvisations en solo impliquent une grande érudition théorique, une parfaite maîtrise technique, un sens aigu de la composition musicale non écrite maintenant un public de connaisseurs sous les effets alternés de la tension et de la satisfaction. À ce niveau, le taqsîm devient un genre valeureux d'expression abstraite et décorative au même titre que les arabesques en architecture.

Mais le développement des médias a incité des solistes d'Égypte à imposer au monde arabe des taqsîm-s stéréotypés figeant le goût du public. Plus récemment, l'école de luth de Bagdad a confirmé les meilleurs interprètes du taqsîm avec Cherif Muhieddin, Jamîl Bachîr, Munîr Bachîr et Jamîl Ghânim. Le développement des disques et récitals de musique orientale en Occident a favorisé l'essor du taqsîm, mais il a trop souvent permis à de médiocres solistes de briller auprès de publics naïfs plus avides de sensations exotiques que de perceptions critiques ou analytiques.