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stéréophonie

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Littéralement, le mot signifie « écoute en relief ». On l'a forgé pour désigner les techniques d'enregistrement et de reproduction des sons qui, après la monophonie, permettaient de restituer une impression de relief à la source sonore reproduite. Cette technique fait appel à deux canaux séparés véhiculant les informations sonores, mais une stéréophonie, au sens strict, peut être obtenue avec un nombre plus grand de canaux. On a ainsi procédé à des expériences plus ou moins abouties de stéréophonie à quatre canaux (tétraphonie, ou quadriphonie), à six canaux (hexaphonie) et même huit canaux (octophonie).

La stéréophonie phonographique consiste à enregistrer à travers deux voies différentes les informations provenant de la gauche et de la droite d'un auditeur idéal situé à un emplacement privilégié devant la source sonore. Les informations de ces deux canaux sont gravées dans les deux flancs du sillon d'un disque (ou fixées sur les deux pistes d'une bande magnétique). À la lecture du disque ou de la bande, les informations captées par le phonolecteur (ou cellule de lecture) ou la tête magnétique sont dirigées au travers de deux circuits électroniques d'amplification et de correction à deux systèmes de haut-parleurs restituant les informations sonores captées lors de la prise de son dans une disposition correspondant à l'émission originale à gauche et à droite ; l'auditeur se trouve ainsi placé face à une « image » sonore dans une position analogue à celle de l'auditeur idéal devant l'« objet » sonore lors de l'enregistrement.

Les techniques de la stéréophonie phonographique ont été pressenties dès les origines du disque. Les premiers brevets ont été déposés dans les années 20 de notre siècle, et les premières expériences, tentées ­ avec succès ­ dans les années 30, aux États-Unis (avec la participation du chef d'orchestre Léopold Stokovski) et en Grande-Bretagne (avec sir Thomas Beecham). Il faudra cependant attendre le milieu des années 50 pour que se généralise l'enregistrement stéréophonique sur bande magnétique, et 1959-60, pour qu'apparaissent dans le commerce les premiers disques stéréophoniques gravés et pressés industriellement, ainsi que les premiers équipements techniques capables de les lire.

Pour éviter que les possesseurs d'appareils de reproduction seulement monophoniques ne soient pénalisés par la généralisation de disques stéréophoniques incompatibles avec leurs équipements, on a mis au point un procédé de gravure dans lequel les fréquences basses (jusqu'à 600 Hz environ) sont mises en commun dans les deux canaux. Cet artifice, appelé stéréo compatible (ou parfois « gravure universelle »), permet de lire sans difficultés mécaniques le sillon stéréophonique au moyen d'une cellule monophonique, avec un résultat sonore (monophonique) tout à fait cohérent, sans pour autant affecter sensiblement la restitution du relief sonore en lecture stéréophonique. Cette technique se fonde sur le fait que l'effet stéréophonique est dû aux déphasages subis par les seules fréquences élevées dans leur cheminement pour atteindre les deux oreilles de l'auditeur.

On a utilisé le terme de stéréophonie pour désigner les effets de spatialisation recherchés par de nombreux compositeurs : Sinfonie de Gabrieli à Saint-Marc de Venise, effets scéniques au théâtre lyrique, depuis l'Orfeo de Monteverdi, œuvres à double chœur, double orchestre, jusqu'aux dispositions « éclatées » d'œuvres contemporaines comme Gruppen ou Carré de Stockhausen, Kamakala d'Éloy, Terretektorh de Xenakis, etc. Ces formules de dispersion des sources musicales ont été expérimentées et utilisées dès le xe siècle, avec la répartition sur plusieurs tribunes de certaines églises des chanteurs exécutant le plain-chant et se répondant les uns aux autres. C'est là, cependant, une application impropre du terme de « stéréophonie », impuissant à rendre compte de l'extrême variété des formules de spatialisation imaginées au cours des siècles par les compositeurs.