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scherzo

(ital. ; « plaisanterie »)

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Au sens le plus courant, ce terme désigne un mouvement instrumental en général à 3/4 et de forme analogue à celle du menuet (avec trio central), mais plus rapide et léger, voire plus tendu, et doté fréquemment d'une force motrice considérable. Mais il apparut d'abord dans la musique vocale (les Scherzi musicali de Monteverdi sont légers de ton et modestes de facture). Bach n'utilisa le terme qu'une fois, dans l'avant-dernier mouvement, de caractère léger, de sa partita en la mineur BWV 827. Haydn appela « scherzos » ou « scherzandos » les menuets de ses Quatuors russes op. 33, mais ces pages ne diffèrent parfois en rien de ses menuets habituels (l'exception la plus notable étant fournie par l'opus 33 no 5 en sol).

Certains menuets des derniers quatuors de Haydn (op. 74 no 1, op. 76 nos 1, 4 et 6, op. 77 nos 1 et 2) ont un caractère de scherzo, mais c'est avec Beethoven et ses successeurs que son emploi se généralisa à la place (et parfois à côté) de celui du menuet, non seulement dans la musique de chambre ou de piano mais aussi à l'orchestre. Dans les symphonies de Beethoven, en particulier dans les nos 4, 7 et 9, le scherzo tend vers des dimensions considérables, pour équilibrer celles acquises par les autres mouvements, mais on ne trouve la dénomination proprement dite que dans les nos 2 et 3. À noter, cependant, que, dans les nos 4 et 7, les dimensions nouvelles sont atteintes essentiellement grâce à une double apparition du trio. La 8e symphonie est la seule à ne pas comporter de scherzo, mais son deuxième mouvement, à 2/4, en possède l'esprit (il est marqué allegretto scherzando) ; à ce mouvement succède un menuet.

De fait, aux xixe et xxe siècles, l'humour et la légèreté disparurent souvent du scherzo pour faire place à un sentiment tragique ou dramatique et se retrouver dans d'autres types de mouvement avec l'indication « scherzando » accolée à un tempo.

Parmi les plus célèbres scherzos de la période romantique, citons les quatre de Chopin (pour piano), celui du Songe d'une nuit d'été de Mendelssohn et celui de Roméo et Juliette (la reine Mab) de Berlioz. Brahms introduisit le scherzo dans son 2e concerto pour piano (op. 83), mais s'en dispensa dans ses symphonies nos 1 et 3, le remplaçant par des mouvements de tempo modéré et de caractère lyrique. Dans certaines symphonies « nationales » de la fin du xixe siècle, le scherzo céda la place à des danses populaires (furiant dans la 6e symphonie de Dvořák), et Mahler eut souvent recours au ländler.