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musique répétitive

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Phénomène spécifiquement américain connu aux États-Unis sous l'appellation de new music ou spaced out music, et en France, sous le nom de musique répétitive car basée sur l'énoncé itératif d'une caractéristique.

Ce mouvement a pris naissance à la fin des années 50 et au début des années 60 à un moment où Cage, Brown, Feldman et Wolff tentent sous l'influence de la peinture, notamment de l'école de New York, de donner aussi à la musique des racines américaines, en rompant avec les orientations postsérielles européennes. L'influence de Cage fut déterminante.

Les procédés utilisés par les principaux représentants de ce type de musique strictement élaborée dans ses moindres détails (seul La Monte Young improvise autour d'une fréquence-bourdon) et leurs orientations sont divers, mais complémentaires. La Monte Young, le pionnier, travaille sur le son continu et ses effets de dérive ainsi que sur l'action du temps dans la modification de notre perception. Terry Riley procède par étagements utilisant, d'après la technique du loop (ou boucle), un système d'échos retardés constamment réinjectés. Steve Reich travaille sur le déphasage graduel de deux ou plusieurs séries et la substitution des battements aux silences. Phil Glass, pour sa part, travaille sur la progression additive dans le temps de figures répétées. Leur musique n'est ni narrative ni directionnelle (« Pas de début, pas de fin », Glass), et renonce à tout schéma préexistant. De plus, le processus itératif n'est pas conçu comme un jalon, comme un repère sécurisant qui serait de l'ordre du souvenir : dans la musique répétitive, l'écoute est de l'ordre de l'observation. À la fois passé, présent et futur, elle propose une nouvelle perception du temps. Et l'énoncé itératif a pour but l'organisation et la configuration du mouvement répétitif comme tel, au point que l'on peut parler de désobjectivisation de l'acte musical.

Ces 4 musiciens prennent tous en considération les effets du son sur les auditeurs et son pouvoir magique. Écouter le son pour ce qu'il est en lui-même (« un être vivant, complexe et actif »), voir comment le son agit à l'intérieur de nous, vibre en nous, ou inversement faire pénétrer l'auditeur dans le son (La Monte Young), tel est aussi leur but. De la disponibilité d'esprit de chacun dépend la fascination ou l'agacement. Leur musique exige une nouvelle écoute, une nouvelle appréhension de l'espace temporel. L'Orient n'est guère éloigné : tous se sont initiés à la musique de l'Inde, et Reich à celles de Bali et du Ghana. Mais, si des influences techniques sont sensibles dans leurs compositions, c'est surtout sur le plan philosophique que celles-ci se situent.