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requiem

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Premier mot de l'introït de la messe des morts (Requiem aeternam dona eis, Domine, « donnez-leur, Seigneur, le repos éternel »), et par extension l'ensemble de cette messe elle-même. On dit aussi « messe de requiem ».

Dans la liturgie, la messe de requiem est l'une des plus complètes de l'ordo, ayant conservé des parties souvent disparues telles que la séquence (Dies Irae, composé au xiiie siècle par Thomas de Celano, mais dont il existe des modèles dès le ixe siècle) et les versets d'offertoire et de communion. On y joint parfois aussi divers rites mortuaires tels que l'absoute, ou bénédiction du corps, avec ses chants particuliers (Libera me, In paradisum). Elle ne s'est du reste uniformisée que tardivement, vers le xvie siècle.

La messe de requiem a souvent été mise en polyphonie depuis le xve siècle. Dufay (sa messe est perdue), Ockeghem, Certon, R. de Lassus, Palestrina, Victoria, etc. ont écrit des requiem. Celui d'Eustache du Caurroy, édité en 1633, a été longtemps de tradition aux obsèques des rois de France. D'un Requiem en musique mesurée écrit par J. Mauduit pour le service de « bout de l'an » de Ronsard (1586), ne subsiste qu'un fragment, conservé par Mersenne.

Jusqu'à la fin du xvie siècle, la messe de requiem en polyphonie ne se distingue que peu des autres pièces empruntées à l'office, et en développe le plus souvent les thèmes liturgiques sans dramatisme particulier. L'entrée en scène de l'orchestre la transforme au xviie siècle en matière à composition d'ampleur. Lully traite la séquence Dies Irae en motet à grand chœur. Au xviiie siècle, on exécute des « requiem en musique » dont chaque morceau est traité comme un « grand motet », avec symphonies, solos, ensembles, chœurs. En raison de sa longueur, il est rare que le propre y figure en entier : le compositeur fait généralement un choix variable de l'un à l'autre, mais le requiem restera jusqu'à nos jours la seule messe en musique où le propre soit habituellement intégré aux côtés du commun. Les requiem de Gilles, Campra, Mozart, sont les plus célèbres. Le Requiem de Mozart, inachevé, est l'une de ses dernières œuvres. Terminé par son élève Süssmayer, il a donné lieu à bien des légendes.

Le romantisme a profondément transformé l'esprit du requiem. Le considérant plutôt comme un livret d'oratorio que comme un élément du culte, il en a surtout développé les parties dramatiques, centrées autour des terreurs du Jugement dernier (Berlioz, Verdi). Fauré réagira en 1888 en rendant au requiem ses dimensions de l'office et en remettant en lumière l'idée pacifiante que contient son titre même, ce que reprendra et accentuera en 1947 le Requiem de Maurice Duruflé, synthèse entre l'art de Fauré et celui du grégorien.

Depuis le concile Vatican II, l'office des morts a perdu beaucoup de son unité, comme en témoignent des œuvres aussi diverses que les requiem de Chion (1973), de Kokkonen (1981) ou encore de Rebotier (1994).