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registre

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

En musique, toutes les acceptions du mot registre semblent dériver du latin médiéval registrum campanae, corde pour tirer la cloche (du verbe regerere, « tirer »). À partir de là, le mot a pris des sens concrets (mécanismes servant à « tirer » un jeu, à en sélectionner un, pour les instruments basés sur différents jeux, comme l'orgue et le clavecin), ou plus abstraits : le registre se met à désigner le « jeu » lui-même, sa sonorité particulière, ou encore, dans une voix ou un instrument, les « zones » caractéristiques correspondant à une couleur particulière.

1. Registre d'orgue : dans les orgues à transmission mécanique, on appelle registre, au sens le plus concret, une sorte de réglette mobile et coulissante (entre deux lattes fixes, nommées « faux-registres » ou « registres dormants »), laquelle, percée de trous, permet ou non d'établir la communication entre les embouchures des tuyaux d'un même jeu et l'air arrivant de la soufflerie ­ suivant que ces trous coïncident ou non avec les trous du sommier. Le registre est donc d'abord la pièce qui permet de faire « parler » tel jeu ­ mais, par métonymie, on appelle également registre (ou « bouton de registre ») le tirant manuel installé sur la console, à portée de main de l'organiste, et qui lui permet, à raison d'un registre par jeu, en l'enfonçant ou en le tirant, d'actionner la réglette dans un sens ou dans l'autre, donc de faire parler ou taire le jeu choisi.

Enfin, par glissement de sens, on appelle souvent aussi registre le jeu d'orgue lui-même ­ d'où le nom de registration donné au choix des jeux qui sont utilisés pour jouer une partition ou une improvisation.

2. Registre de clavecin : par analogie avec l'orgue, on appelle registres, sur les clavecins qui en comportent plusieurs, les différentes séries de cordes, à l'octave les unes des autres, correspondant à des jeux différents, ainsi que différents modes d'attaque ou de résonance de la corde, pour créer des timbres différents. Comme pour l'orgue, ces jeux sont actionnés par des tirants ou des pédales, et par analogie encore avec l'orgue, les trois registres principaux sont appelés jeu de huit pieds (8'), registre de base, jeu de seize pieds (16') à l'octave inférieure, et jeu de quatre pieds (4') à l'octave supérieure.

3. Registre instrumental ou vocal : on appelle encore registre, dans toute l'étendue d'une voix ou d'un instrument, les zones caractéristiques correspondant à un certain type de sonorité, de timbre, d'émission : ainsi, on distingue souvent les registres grave, médium et aigu d'un instrument ou d'une voix.

Dans le domaine vocal, plus précisément, on a longtemps distingué le registre de poitrine (ou voix de poitrine) et le registre de tête (ou voix de tête) ­ en nommant parfois registre mixte une zone dans laquelle le chanteur mélangerait les deux types d'émission. Le « passage » d'un registre à l'autre, pour masquer la différence de timbre et de couleur, était enseigné au chanteur, auquel on apprenait à localiser, dans sa voix, les notes sur lesquelles ce passage devait s'opérer. Ce passage se fait, pour les femmes, de la voix de tête, vers la voix de poitrine, donc vers le grave ; et inversement pour les hommes, de la voix de poitrine vers la voix de tête, donc vers l'aigu, et c'est ainsi qu'il est encore enseigné dans de nombreux cours de chant. D'autres apprennent à homogénéiser la voix sur toute l'étendue, par un mélange des différents types d'émission, et certains nient la spécificité des registres « de tête » et « de poitrine ».

On parle aussi de registre pour les timbres propres au médium, au grave et à l'aigu de l'instrument. Ces registres reçoivent parfois des noms, comme c'est le cas pour la clarinette, aux registres effectivement bien différenciés : registre grave, ou « chalumeau », registre médium, ou « clairon », et registre aigu. On peut aussi caractériser les registres aigus du basson, grave de la flûte traversière, etc.