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ragtime

(de l'angl. ragged, « heurté », « haché », « désordonné »).

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Style de piano en vogue entre 1896 et 1917, qui naquit dans le Missouri et fut, avec le blues, un des éléments constitutifs du jazz.

Musique écrite et publiée, jouée à l'origine en tempo modéré, le ragtime, qui, à la différence du blues, se veut gai et enjoué, se compose généralement de quatre parties ou « strains » (airs) de seize mesures avec reprise disposées selon le schéma AABBACCDD, avec modulation et parfois interlude de deux ou quatre mesures entre chaque partie. Cette coupe typiquement occidentale est inspirée de la polka et du quadrille, mais plus encore, certainement, de certaines marches militaires jouées par les fanfares alors très répandues aux États-Unis, et qui finirent par inscrire elles-mêmes des cakewalks et des ragtimes à leur répertoire.

Rythmiquement, on fait dériver le ragtime d'une danse de plantation appelée « cakewalk » (le pas du gâteau) : sur un rythme à 2/4 fortement marqué par la main gauche (influence de la marche), la main droite joue une mélodie très syncopée basée sur une succession théorique de huit doubles croches accentuées selon un décalage ternaire.

Cette façon de diviser la mesure selon une constante qui relève plus de la métrique que de l'accentuation proprement dite trahit, selon Borneman, « une origine et une approche in

contestablement africaines ». Ainsi, le plus européen des matériaux du jazz renvoie quand même, au-delà de l'harmonie occidentale, aux sources africaines.

Forme fixe à l'origine, le ragtime (on dit également : rag) évoluera rapidement, ne gardera plus que deux parties (dont, généralement, la troisième de la forme originale), se jouera en tempo plus rapide, intégrera les blue notes qui lui étaient étrangères à ses débuts et laissera une large place à l'improvisation. Ainsi se fera le passage au jazz et au style de piano stride illustré par l'école de New York avec James P. Johnson, Fats Waller, etc.