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piston

Trompette
Trompette

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Les « cuivres » simples souffrent d'un défaut qui les rend impropres à l'exécution d'une mélodie normale : ils ne peuvent émettre que quelques harmoniques naturels du son fondamental (cinq notes seulement dans le cas du clairon moderne, inégalement réparties sur une octave et une quinte). Différentes solutions ont été expérimentées au cours des siècles pour remédier au moins partiellement à cet inconvénient. La plus logique ­ celle de la coulisse qui modifie de façon continue la longueur du tube ­ n'a pu s'appliquer qu'au trombone. Le système de trous et de clés emprunté aux « bois » n'a donné de résultats à peu près satisfaisants qu'en ce qui concerne le serpent et l'ophicléide, instruments bâtards qui ont d'ailleurs disparu.

La pratique des « sons bouchés », adoptée à la fin du xviiie siècle, est limitée au cor d'harmonie. Quant à l'usage des « tons » de rechange ­ tubes de différentes longueurs intercalés entre l'embouchure et l'instrument ­, il changeait la tonalité de celui-ci sans pour autant permettre de moduler au cours d'une phrase. Le problème n'a été résolu qu'à partir de 1813 grâce à l'invention du facteur silésien Blühmel, perfectionnée dès l'année suivante par H. Stölzel. En voici le principe : sur le tube principal sont soudés un certain nombre de pistons à ressort dont chacun, quand on l'enfonce, ouvre un circuit supplémentaire de longueur appropriée. Le cor, la trompette, le cornet à pistons, le trombone à pistons (tombé en désuétude) et la plupart des saxhorns sont munis de trois pistons. Le premier abaisse la tonalité d'un ton, le deuxième d'un demi-ton et le troisième d'un ton et demi, d'où six combinaisons couvrant toute la gamme chromatique à partir des harmoniques naturels. La petite trompette en si bémol aigu, ainsi que les saxhorns basse et contrebasse, sont munis d'un quatrième piston transpositeur. Mais il existe aussi des instruments à cinq ou même six pistons, comme certains tubas et le trombone spécial, moins encombrant que le modèle à coulisse, qui fut construit à l'usage des fanfares de scène.

L'invention des pistons a joué un rôle déterminant dans le formidable essor des cuivres à l'époque romantique. Non seulement elle a fait du cor ou de la trompette des instruments solistes à part entière, mais elle a donné naissance à la grande famille des saxhorns. Notons enfin que le mot « piston », employé au singulier, désigne communément le cornet à pistons, qui fut au xixe siècle l'instrument populaire par excellence.