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pavane

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Danse de cour de rythme binaire (à 4 temps) et d'allure marchée, très répandue au xvie et au début du xviie siècle, et qui aurait remplacé la basse-danse (en déclin au milieu du xvie s.).

Son nom vient de l'italien paduana ou padovana, adjectif signifiant « qui vient de Padoue ». Un recueil de 1508 (contenant les plus anciennes pavanes attestées) comprend des pavanes alla venetiana et alla ferrarese.

Connue aujourd'hui comme une danse lente, grave et compassée (d'où l'étymologie douteuse qui la fait dériver de l'espagnol pavon, « paon »), la pavane était sans doute au départ une danse assez rapide. Toinot Arbeau, dans son Orchésographie, la décrit comme « facile à danser », avec deux pas simples et un double en avant (commençant par le pied gauche) et les mêmes pas en arrière, en commençant par le pied droit. C'est la célèbre pavane Belle qui tient ma vie qu'il donne en exemple, avec un rythme d'accompagnement d'une blanche et de deux noires. Souvent prise pour une danse d'origine espagnole, la pavane était dansée en procession marchée, pour l'ouverture des bals. Dans les recueils du temps, elle introduit chaque suite, et se trouve fréquemment suivie d'un saltarello, ou d'une gaillarde à 3 temps basée sur le même matériel thématique, par changement de rythme et de tempo (dite pour cela « gaillarde de la pavane »). Ainsi dans les recueils de Pierre Attaignant (à partir de 1530), d'Adrian Le Roy, de Thomas Morley, d'Alonso Mudana (1546, où elle est caractérisée comme danse assez rapide) et de William Byrd (My Ladye Nevell's Booke, 1591, qui contient des pavanes à titres expressifs comme la Melancholy Pavan). Les fameuses Lachrymae de John Dowland, à 4 parties, variations sur le thème Flow my tears, sont elles aussi des pavanes.

La pavane réapparaît au début du xviie siècle, comme danse d'introduction des suites de Scheidt et Schein (Banchetto musicale, 1617), puis disparaît peu à peu. Quelques pièces musicales du début du xxe siècle ont repris le titre de pavane, dans une intention archaïsante, et en l'interprétant comme une danse espagnole lente et mélancolique (Pavane, 1887, de Fauré, Pavane pour une infante défunte de Ravel, 1899 ; Pavane de Vaughan Williams dans Job, 1930, etc.).