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office de ténèbres

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Office de matines des trois jours de la semaine sainte (jeudi, vendredi, samedi) correspondant à la Passion et à la mort du Christ, dans la liturgie catholique romaine.

Chacun des trois offices comprenait trois antiennes, trois leçons (ou lectures) et trois répons. Les leçons étaient extraites des Lamentations de Jérémie, et une très ancienne tradition voulait que la première lettre de chaque verset en soit chantée : le poème hébraïque était acrostiche, la première lettre de chaque verset correspondant à une lettre de l'alphabet. On a ainsi continué, dans la version grégorienne, à vocaliser aleph, beth, ghimel…

L'office de ténèbres commençait à minuit et se déroulait primitivement jusqu'à l'aube. Un symbolisme de la lumière accompagnait son déroulement, les luminaires étant éteints progressivement (d'où le nom de ténèbres donné à la cérémonie). On prit ultérieurement, par commodité, l'habitude de célébrer l'office dans l'après-midi du jour précédent, l'office du jeudi devenant « ténèbres du mercredi » et ainsi de suite.

Cet office, en raison de la beauté dramatique de son texte poétique et du caractère un peu spectaculaire de la liturgie, fut toujours très suivi, mais à partir de la Renaissance, il donna lieu à une floraison d'œuvres, d'abord polyphoniques (Dufay, Arcadelt, Sermisy, Cr. de Morales, Victoria, Lassus, Palestrina. W. Byrd, Tallis, Gesualdo…) puis monodiques (Galilei, Carissimi, Cesti, Frescobaldi, Allegri, Stradella…). En France, le compositeur d'airs de cour Michel Lambert donna aux Leçons de ténèbres un caractère particulier, mêlant déclamation musicale et profusion ornementale : ce caractère reste attaché aux œuvres de M. A. Charpentier, Couperin, Brossard, Delalande, Nivers.