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noël

(du lat. natalis, « jour de naissance »)

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Nom populaire donné à la fête célébrant la naissance du Christ, et, par extension, aux chants non liturgiques de caractère populaire relatifs à ce même événement, ainsi qu'à leurs dérivés ; le mot « noël » devient même une interjection de caractère joyeux.

C'est à partir du ixe siècle que commencèrent à se développer des noëls presque toujours latins, mais qui, vers la fin du Moyen Âge, utilisèrent souvent le bilinguisme, latin vernaculaire (surtout français, allemand ou flamand). Les coutumes liées à la fête de Noël, notamment les quêtes d'enfants de chœur, ont, elles aussi, donné naissance à des chants spéciaux, dont le plus ancien connu (xiiie s.) est sans doute un rondeau virelai d'Adam de la Halle, Dieu soit en cette maison. Les noëls proprement dits sont des chansons en langue vulgaire ou même en patois local, souvent parodiés sur des timbres préexistants, célébrant de façon imagée la naissance de l'Enfant divin en y mêlant volontiers des personnages familiers ou des allusions au temps présent. Ils se développèrent rapidement à partir du xve siècle, d'autant plus que l'Église tolérait exceptionnellement la présence de ces chants joyeux au cours de la messe de minuit ou de la veillée qui la précédait souvent dans l'église. Pour la même circonstance, les organistes étaient autorisés, même à l'office, à sortir du style sévère qui leur était habituellement imposé et à jouer ou improviser des variations sur les noëls, quel qu'en soit le timbre original. Cela a donné lieu, surtout en France, aux xviie et xviiie siècles, à une ample littérature, où ils aimaient mettre en valeur, à cette occasion, les jeux de leur instrument.

De nombreuses provinces eurent leurs noëlistes dont plusieurs sont restés célèbres : Lucas Le Moigne à Paris, Nicolas Martin à Besançon, Nicolas Saboly à Avignon, etc. Le noël devint volontiers satirique au xviiie siècle, avec le Dijonnais Bernard de la Monnoye, faussement littéraire au xixe avec Placide Cappeau (Minuit chrétien, mis en musique par Adolphe Adam), symbolique au xxe (Marie Noël). Les polyphonistes de la Renaissance ont également écrit des noëls, souvent à partir des modèles monodiques.