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musique mesurée à l'antique

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Nom donné à un style particulier de composition, en honneur à la fin du xvie siècle, dans lequel la valeur rythmique des notes n'était pas déterminée par une mesure régulière, mais par la longueur des syllabes chantées, selon des schémas prosodiques par longues et brèves calqués sur la métrique gréco-latine.

La musique mesurée à l'antique avait résulté de la fusion de deux courants distincts, tous deux reliés aux recherches humanistes de la Renaissance. L'un, purement littéraire, était né en Italie au milieu du xve siècle ; il gagna la France (1497), puis l'Espagne (1540), les Pays-Bas (1548), la Suisse alémanique (1555), enfin l'Angleterre (1570) et l'Allemagne (1578). Son objet était de rénover la poésie en appliquant à la langue vernaculaire la prosodie et la métrique des poètes gréco-latins (cf. vers mesurés). Le second courant, né dans les écoles allemandes, était d'essence pédagogique. Il consistait à initier les élèves aux vers latins en les leur faisant chanter sur des mélodies composées à cet effet dans le rythme du vers ; le prototype en était une ode d'Horace mise en musique vers 1507 par P. Tritonius. Ce fut en France, vers 1570, que les deux courants se réunirent et que la musique prit valeur d'œuvre d'art grâce au poète J. A. de Baïf, qui proclama la valeur musicale des vers mesurés vernaculaires et provoqua la collaboration de musiciens tels que Thibaut de Courville, du Faut et surtout Jacques Mauduit et Claude Le Jeune, faisant à la musique mesurée une place de choix dans son Académie de poésie et de musique (1570). La musique mesurée trouva en Claude Le Jeune un compositeur de génie et avait également parfois tenté Eustache du Caurroy, puis avait été abandonnée au-delà des premières années du xviie siècle. Son existence fut donc éphémère, mais son influence considérable. Elle contribua à assouplir la rythmique, à développer la prosodie musicale, à rapprocher la musique de la parole, et, à ce titre, elle ne fut pas étrangère au mouvement qui aboutit en 1600 à la révolution musicale qu'avait été la création de l'opéra.