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live electronic music

(angl. ; « musique électronique en direct »)

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Locution employée, même en France, pour désigner, à l'opposé des musiques préenregistrées sur bande magnétique, la musique électroacoustique qui s'exécute en direct, devant le public, par des « interprètes » jouant de synthétiseurs, de dispositifs électroacoustiques, d'instruments et de corps sonores électrifiés (c'est-à-dire reliés par l'intermédiaire de micros à des systèmes d'amplification et de traitement électronique du son).

Cette musique peut être improvisée, ou jouée d'après une partition très précise. L'avantage de la « live electronic music » vient de la malléabilité et de la vie que, en apparence, elle apporte à la présentation en concert de l'œuvre (par rapport à la musique électroacoustique sur bande, lue par un ou des magnétophones et seulement « orchestrée » dans sa diffusion) ; mais les inconvénients, ou plutôt la contrepartie, tiennent aux limitations dues au principe du « temps réel » en ce qui concerne la gamme des résultats sonores et musicaux possibles et la précision de leur contrôle. Certaines des techniques d'expression spécifiques de la musique électroacoustique (telles que le montage, par exemple) réclament encore impérativement le travail sur bande en studio et le différé. C'est la même différence qui existe entre le film de cinéma longuement tourné et monté et une retransmission télévisée en direct, si élaborée soit-elle.

C'est d'abord aux États-Unis que cette technique s'est développée, avec des groupes pionniers comme le Sonic Art Union composé de Gordon Mumma, Alwin Lucier, Robert Ashley et David Behrman, qui ont poursuivi ensuite chacun sa ligne personnelle, dans des directions différentes. Un autre groupe pionnier, Musica elettronica viva, composé d'Italiens et d'Américains et qui pratiquait un « participationnisme musical » proche du Living Theater (impliquant le spectateur dans l'exécution), fut vivant et actif au point d'éclater en plusieurs groupes homonymes. On peut citer encore en Italie le groupe Nuove proposte sonore, et, parmi les autres « collectifs » d'exécution et d'improvisation « live electronic », le Gimel, au Québec (fondé par Nil Parent) ; le Feedback-Studio à Cologne (Eötvös, Gelhaar, Maiguaschca, Fritsch, Johnson, MacGuire), qui s'est transformé pour devenir le Groupe Oeldorf, le groupe K und K en Autriche (Kaufmann) ; Gentle Fire en Angleterre ; en France, Opus N, entre 1970 et 1974 environ (Savouret, Clozier), et le Trio GRM-Plus (Dufour, Geslin, Cuniot), qui, depuis 1978, porte cette technique à un haut degré de précision.

Mais il y a aussi des compositeurs-interprètes isolés qui pratiquent et écrivent en soliste la musique « live », comme René Bastian, Léo Küpper, Lorenzo Ferrero, Horaccio Vaggione, Giuseppe Englert, Donald Buchla (un des pères du synthétiseur), David Tudor, Morton Subotnick, etc. Nombre de ces groupes et de ces auteurs intègrent cette technique dans des formules dites multimédias de spectacles associant et multipliant les moyens d'expression de diverses disciplines (danse, cinéma, lasers, voire émission de parfums en direct, comme dans les spectacles de Joseph Anton Riedl).

Le genre apparu à la fin des années 70 sous le nom anglo-saxon de performance (« représentation ») et qui se situe au carrefour des expressions plastiques, théâtrales et musicales utilise souvent des techniques de « live electronic ». Parmi les compositeurs qui ont beaucoup écrit de « live electronic music » sans être eux-mêmes, ou en n'étant qu'occasionnellement, des interprètes, on citera aussi Karlheinz Stockhausen (le pionnier du genre en Europe, avec Mixtur et Mikrophonie 1 et 2), John Cage, Jean-Étienne Marie, Fernand Vandenbogaerde, etc. D'autres conçoivent, plutôt que des œuvres, des dispositifs pour réagir en sons à l'environnement naturel ou à la présence du public (Max Neuhaus, Lucier). L'ordinateur est aussi employé en temps réel, pour engendrer des processus sonores, selon des programmes et des instructions plus ou moins préparés à l'avance, et c'est vers son utilisation dans ce sens que travaillent de nombreux studios de musique électroacoustique (tels, en France, G. R. M., G. M. E. M., G. M. E. B., I. R. C. A. M.). D'autres encore utilisent des systèmes de « biofeedback », faisant piloter, par exemple, des dispositifs électroniques, par des ondes cérébrales ou des battements cardiaques (Lucier, Rosenboom, Henry et Lafosse). Innombrables sont donc les techniques, et imprévisibles leurs développements futurs, mais on peut prévoir sans risque que les applications les plus diverses de l'informatique y tiendront une place croissante à tous les niveaux.