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enté

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Adjectif emprunté à l'horticulture (il signifie « greffé ») et appliqué dans le dernier tiers du xiiie siècle à un procédé de composition à la fois littéraire et musical consistant à insérer dans un contexte original, parlé ou chanté, un fragment de chanson connue cité avec sa musique propre (v. trope).

Les fragments cités pouvaient appartenir à des répertoires variés, mais la source principale en était les refrains de rondeaux à danser, ce qui leur fit donner le nom générique de refrains, même s'ils n'étaient cités qu'une seule fois. La mode des refrains entés fut introduite dès 1214 dans le roman en vers (qui était lu à haute voix) avec le roman de Guillaume de Dole de Jean Renart, puis gagna la chanson de trouvères, le motet (surtout profane) et le théâtre parlé, où cet usage peut être considéré comme l'origine des « vaudevilles » qui, au xviiie siècle, donnèrent naissance à l'opéra-comique. Adam de la Halle s'est particulièrement illustré tant dans le motet enté que dans le théâtre à refrains, qu'il a inauguré avec le jeu de la Feuillée et surtout le jeu de Robin et Marion, mis à la scène avec insertion de refrains entés de deux scénarios usuels de chanson, la « pastourelle » (chevalier courtisant une bergère) et la « bergerie » (divertissement pastoral).