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coupure

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Suppression d'un passage d'une partition, pour l'abréger.

Dans la musique instrumentale, la coupure s'effectue à l'occasion d'une reprise, d'un couplet de rondo ou d'une variation. Cette mutilation affecte les plus grandes œuvres, par exemple les symphonies de Beethoven, où la coupure de reprise est traditionnellement pratiquée. On procède à énormément de coupures dans les ouvrages lyriques ; il peut s'agir de fragments de récitatif, de reprises, mais, parfois, aussi d'airs entiers, voire de scènes entières. Des traditions souvent inexplicables se sont, dans ce domaine, instaurées au fil des temps. La pratique de la coupure est admissible, à la rigueur, dans certaines œuvres très longues telles que les grands opéras historiques du début du xixe siècle (Meyerbeer, par exemple), devenus, dans la pratique, quasi injouables dans leur intégralité, en raison de leur durée qui peut atteindre ou dépasser cinq heures. On ne peut pas nier que dans beaucoup de partitions du xixe siècle la suppression de ballets ou de défilés, inutiles à la compréhension de l'action, rende l'enchaînement dramatique plus limpide. Les coupures paraissent plus injustifiables dans des œuvres brèves ou dans des chefs-d'œuvre reconnus comme les grandes partitions lyriques de Mozart. Cependant, vers 1975 encore, de graves coupures affectaient, à Salzbourg, les représentations de Cosi fan tutte sous la direction de Karl Böhm, tandis qu'à Bayreuth, en 1965, Wieland Wagner cautionna la suppression d'un fragment du 3e acte du Crépuscule des dieux, rétabli dès l'année suivante sous la pression du public et de la critique.

L'opinion prévaut, de nos jours, que, au moins dans les plus grandes œuvres, les coupures, même brèves, nuisent irrémédiablement à l'équilibre musical et dramatique. Aussi la pratique tend-elle à se raréfier. Le goût de l'intégralité s'est développé dans l'enregistrement sur disque des œuvres lyriques, surtout à partir de 1960. Dès lors, la pratique de l'écoute des enregistrements, où l'on pouvait entendre sans coupure des œuvres couramment mutilées à la scène, a largement contribué à restaurer le besoin d'authenticité.