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cor

Cor
Cor

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Instrument à vent de la famille des cuivres.

Il doit son nom, par analogie de destination, à divers instruments rudimentaires qui remontent à des origines très reculées et qui étaient souvent faits d'une corne de vache, exceptionnellement d'une défense d'« olifant ». En fait, le cor simple présente toutes les caractéristiques de la trompe de chasse : l'embouchure très étroite, le pavillon très évasé et la forme circulaire due à l'enroulement (3 à 8 tours) du tube, dont la longueur considérable (près de 5 m) permet l'émission par le seul jeu des lèvres de la plupart des harmoniques du son fondamental. Cette trompe, toujours en usage, était d'un emploi difficile à l'orchestre en raison de sa tonalité immuable. Sa transformation en « cor d'harmonie » a consisté à intercaler, entre l'instrument et l'embouchure, des tubes de rechange plus ou moins longs, appelés « tons ». Mais le cor n'en restait pas moins réduit aux harmoniques, c'est-à-dire à une série d'une quinzaine de notes, assez rapprochées à l'aigu pour former un semblant de gamme chromatique, mais de plus en plus espacées vers le grave. C'est seulement vers 1760 qu'un corniste allemand de l'Opéra de Paris, Haempel, découvrit qu'en bouchant plus ou moins le pavillon avec la main, on pouvait abaisser la note d'un demi-ton ou davantage. Les ressources mélodiques du cor s'en trouvèrent accrues, mais l'échelle chromatique restait fort incomplète et il fallait une grande habileté pour atténuer l'inévitable différence de timbre entre les « sons ouverts » et les « sons bouchés ».

Toutes ces difficultés allaient être résolues par l'invention des pistons, en 1813, par l'Allemand Stoelzel (1780-1844). Après quelques tâtonnements, le corniste parisien Joseph Meifred mit au point le système à 3 pistons qui est encore en vigueur non seulement pour le cor, mais pour le cornet, la trompette et la plupart des saxhorns. Chaque piston ouvre un circuit supplémentaire qui allonge le tube et, par conséquent, abaisse la note émise : d'un ton pour le premier, un demi-ton pour le deuxième et un ton et demi pour le troisième. Trois tons en tout, donc, si l'on enfonce les trois pistons à la fois, de sorte que l'instrument gagne une quinte dans le grave. Le cor moderne, disposant de toutes les notes de la gamme chromatique sur trois octaves et une sixte, était né. Signalons toutefois quelques innovations plus récentes : vers 1890, le 3e piston « ascendant », qui élève la note au lieu de l'abaisser ; en 1935, le « cor double » muni d'un barillet ou d'un 4e piston ayant pour effet de transformer instantanément le cor en fa en cor en si bémol ; et depuis peu, le pavillon démontable, qui facilite grandement le transport de l'instrument.

Sans doute le cor a-t-il perdu, en même temps que ses imperfections, une partie de sa personnalité. Cela explique la résistance que, pendant plus de cinquante ans, de nombreux instrumentistes et compositeurs opposèrent au cor à pistons. En 1875, Bizet s'en passait encore dans Carmen, et l'enseignement du cor simple au Conservatoire ne fut supprimé qu'au début de notre siècle.