En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

contrebasse

Contrebasse
Contrebasse

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Instrument à cordes et à archet, le plus grave de la famille des violons, correspondant au registre de seize pieds de l'orgue.

Issue du violone ou contrebasse de viole, elle est apparue dans la seconde moitié du xvie siècle en Allemagne du Sud, et une centaine d'années plus tard en France. Elle avait à l'origine cinq ou six cordes, accordées par quartes, par quintes, ou par tierces et quartes alternées. De nos jours, ses caractéristiques ne sont pas encore totalement stabilisées. Elle reproduit parfois la forme du violoncelle, mais le plus souvent celle de la basse de viole, avec une caisse effilée en ogive. Elle comporte, de l'aigu au grave à partir du sol[1-] : sol, ré, la, mi. Certaines contrebasses ont cinq cordes, la cinquième étant soit l'ut grave, soit l'ut au-dessus du sol[1-]. L'instrument mesure environ 1,95 m de haut, dont une caisse de 1,10 m. Il existe un petit modèle de 1,60 m. L'archet peut être convexe comme celui de la viole, rectiligne ou concave. Sa longueur est d'environ 67 cm. Le registre de la contrebasse est d'environ deux octaves et une sixte, quatre octaves avec les sons harmoniques. On note la musique en clé de fa 4e ligne, les sons réels sonnant à l'octave inférieure des sons écrits.

Dans le jeu, où la main gauche utilise au moins huit positions, le pouce pouvant servir de sillet mobile, le démancher joue un rôle important en raison de la taille de l'instrument. Le vibrato, le glissando, le trille, l'extension font partie de la technique de la contrebasse, mais la lourdeur de l'archet est défavorable au jeu dans un tempo rapide, ainsi qu'aux sauts d'une corde à l'autre.

La contrebasse fut d'abord réservée à l'usage de l'église, où elle renforçait le seize pieds de l'orgue. On commença à l'utiliser dans les orchestres de théâtre à la fin du xviie siècle. Longtemps, elle ne servit qu'à doubler les violoncelles à l'octave inférieure. Les virtuoses Domenico Dragonetti (1763-1846), puis Giovanni Bottesini (1821-1889) firent la démonstration des possibilités de l'instrument et ne contribuèrent pas peu à son émancipation. Beethoven fut l'un des premiers à confier à la contrebasse une partie plus intéressante (traits du scherzo de la 5e Symphonie, « orage » de la 6e). Berlioz l'utilisa pour des passages mélodiques. Mais un répertoire de musique de chambre, de symphonies concertantes et de concertos se développa également.

Parmi les compositeurs ayant mis en valeur la contrebasse, citons : au xviiie siècle, K. Ditters von Dittersdorf (quintettes avec contrebasse, duo pour alto et contrebasse, symphonies concertantes, concertos), W. Pichl, A. Zimmermann, J. B. Vanhal, I. Holzbauer, Mozart (aria Per questa bella mano), Joseph Haydn, Michael Haydn, F. A. Hoffmeister, J. Sperger ; au xixe siècle, Bottesini, Schubert dans la Truite, Saint-Saëns dans le Carnaval des animaux, etc. ; au xxe siècle, E. Bigot (Capriccio), E. Bozza (pièces), M. Bitsch (suite pour contrebasse solo), Ch. Chaynes (Lied, scherzando et finale), Koussevitski (concerto, pièces), F. Farkas (Sonatine sur des chants populaires hongrois) et Hindemith (sonate).

Dans le domaine pédagogique, nous citerons les méthodes de G. Bottesini (1869), J. Kraft (Der Weg zur Griffsicherheit und Technik ; Schule der Bogentechnik), G. Marangoni (Scuola teoretica-practica del contrabasso), N. Marcelli (The Carl Fischer basic method) et F. Simandl (New method for double bass), et les exercices techniques ou études de Baillot, Bottesini, H. E. Kayser, Gasparini, W. Gadzinski et A. Weber. D'autre part, la contrebasse a toujours joué un rôle important dans la musique de jazz.