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conduit

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

1. Dans une construction musicale, passage d'intérêt secondaire dont le rôle est surtout de créer une transition. Dans la fugue notamment, on appelle conduit la prolongation du sujet qui sépare parfois son exposition de l'entrée de la réponse.

2. Dans l'office médiéval (lat. conductus), et spécialement du ixe au xiie siècle, chant d'usage local, strophique ou non, accompagnant un déplacement : par exemple le « conduit de l'âne » orientis partibus accompagnant l'entrée de cet animal lors de l'office des Fous à Sens ou à Beauvais.

3. Par extension, le mot s'est appliqué, surtout aux xiie et xiiie siècles, à divers chants latins versifiés non liturgiques traitant des sujets les plus variés, qu'ils soient pieux, profanes, satiriques, d'actualité, etc. Les conduits, appelés aussi versus (au singulier pour désigner l'ensemble d'une pièce), figurent parmi les ancêtres immédiats du répertoire des trouveurs et, particulièrement, des premiers troubadours aquitains ; une des collections de versus les plus importantes se trouvait au xie siècle à Saint-Martial de Limoges.

4. Par dérivation du sens précédent et par le fait que de nombreux conduits, primitivement à 1 voix, ont été harmonisés en déchant à 2 ou 3 voix, le mot « conduit » a désigné, principalement dans la polyphonie de l'Ars antiqua (xiie-xiiie s.), des chants latins à plusieurs voix comportant une voix initiale (vox prius facta) spécialement composée, et non pas, comme dans l'organum ou le motet primitif, issue d'un modèle liturgique, harmonisée syllabiquement, en principe note contre note, toutes les parties chantant le même texte. Certains conduits, dits cum cauda, comportaient au début ou en finale des puncta organi (passages d'organum) vocalisés, ce qui a donné naissance par contre-sens à l'expression « point d'orgue ». Le conduit représente le premier exemple de chants polyphoniques composés ex nihilo, sans le support d'un texte liturgique préexistant.