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chant byzantin

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Musique traditionnelle de l'Église orthodoxe grecque, et, par extension, musiques des Églises orthodoxes chrétiennes de l'Europe de l'Est et du Sud-Est, qui se sont développées sur la base du chant byzantin avant d'acquérir progressivement leur aspect national définitif.

Le chant byzantin possède une origine composite dans laquelle se retrouvent les chants hébraïques des synagogues, les survivances de la musique grecque ainsi que d'autres éléments orientaux (syriens et arméniens). Le développement musical et social du chant byzantin est évidemment lié à celui de la liturgie orthodoxe, dont les deux formes principales furent établies dès la fin du ive siècle par saint Basile le Grand et saint Jean Chrysostome ­ ce dernier fut évêque de Constantinople en 390. Les chants, toujours monodiques, étaient exécutés selon le principe antiphonaire, faisant alterner deux chœurs, le protopsaltis et le lampadarios. L'exécution était toujours a cappella, interdisant l'usage des instruments de musique. De nos jours, les églises orthodoxes continuent à observer cette règle. Toutefois, à Constantinople, les cérémonies à la cour de l'empereur, plus fastueuses que celles des églises, utilisaient l'orgue. En 757, l'empereur Constantin Copronyme en offrit un à Pépin le Bref. À l'exception d'un fragment d'hymne datant du iiie siècle, les premiers manuscrits musicaux n'apparurent qu'au xe siècle. L'écriture neumatique d'origine connut une évolution en plusieurs étapes, en passant par une notation dite « moyenne » (xiie-xve s.) et celle plus précise, nuancée et complexe de Ioannis Koukouzeles (xve s.). Il faut savoir cependant que les manuscrits sont loin de transmettre la totalité des chants : nombre d'entre eux, réduits à de simples psalmodies, étaient exécutés de mémoire et transmis oralement.

Parmi les premiers compositeurs byzantins, qui étaient aussi d'importantes personnalités religieuses, souvent canonisées par la suite, on connaît : saint Éphrem (306-373) ; Romanos le Mélode (vie s.), à qui l'on doit de nombreux kontakion (poèmes religieux composés de nombreuses strophes toutes chantées sur une même mélodie) ; André de Crète (660-740), auteur du grand Kanon, forme venue remplacer le kontakion et composée de neuf odes appelées hiermos ; saint Sophrone de Jérusalem ; saint Germain de Constantinople ; et surtout saint Jean Damascène (678-749).

On s'accorde à distinguer trois types de chant, selon leur degré d'ornementation :

1. hirmologique, chant simple des canons et des hiermos ;

2. stichérarique, plus orné, pour les stichères (courts textes intercalés entre les versets) et les tropaires (textes poétiques pour les fêtes religieuses) ;

3. mélismatique, très orné, exécuté par un soliste (psaltika) ou par le chœur (asmatika).

À partir du xive siècle se développa un style d'une exubérance ornementale et d'une virtuosité excessive, souvent au mépris de l'intelligibilité du texte. Mais le principe le plus important, qui régit toute l'ordonnance musicale de la liturgie byzantine, est celui de l'octoechos (les huit voix) qu'on attribue à saint Jean Damascène, lequel n'a peut-être fait que codifier et développer un système déjà existant. Chaque semaine on exécutait des chants groupés en fonction de leur parenté mélodique, les faisant correspondre à l'un des huit modes grecs (quatre modes « authentes » et quatre modes « plagaux »). Ces appartenances n'ont d'ailleurs été déterminées du point de vue théorique que bien plus tard, aux xiie et xive siècles, et restent dans une certaine mesure sujettes à caution. Néanmoins, le cycle musical de huit semaines ainsi constitué reste un usage immuable des offices orthodoxes.

L'influence musicale du chant byzantin s'est certainement exercée sur le chant gallican et le chant grégorien (le pape Grégoire le Grand avait été nonce à Constantinople), de même qu'elle a servi de base aux Églises orthodoxes slaves (serbe, bulgare, russe) avant de s'y mélanger avec des éléments mélodiques locaux.