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basse chiffrée

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Sorte de sténographie inventée au début du xviie siècle en même temps que la basse continue pour guider l'accompagnateur en lui suggérant, à partir de la basse écrite, les accords à employer sans avoir à en écrire les notes, ce qui faisait gagner au compositeur un temps considérable (on pouvait ainsi, sur deux portées ­ chant et basse ­, écrire un opéra en quelques jours). Abandonnée vers 1750 en même temps que la basse continue, la basse chiffrée s'est maintenue dans l'enseignement comme auxiliaire pédagogique des études d'harmonie, mais c'est abusivement qu'on la considère comme un instrument d'analyse, car, non conçue dans cette optique, elle ne rend compte que très imparfaitement de la constitution des accords ; elle n'en donne qu'une description matérielle et n'intervient que fort mal dans leur explication grammaticale ­ d'où la nécessité d'un chiffrage de fonction complétant le chiffrage d'intervalles seul envisagé par la pratique de la basse chiffrée.

Le principe de cette dernière est simple : au-dessus (ou en dessous) de la note de basse (basse réelle), sont notés un ou plusieurs chiffres dont chacun représente la note formant avec la basse l'intervalle indiqué par le chiffre. Selon les écoles, tantôt cet intervalle est indiqué réellement, tantôt il est réduit à un intervalle simple, sans dépasser la neuvième (ainsi la dixième est notée 3, car c'est une tierce redoublée à l'octave). Diverses conventions interviennent soit pour limiter le nombre de chiffres par des sous-entendus (par exemple, 6 pour 6 et 3), soit pour apporter diverses précisions (ainsi une croix indique la sensible, un chiffre barré marque un intervalle diminué, etc.). On note les altérations en les plaçant devant le chiffre, et les silences sont chiffrés par un zéro. Mais les conventions ne sont pas toujours uniformes et elles peuvent varier d'un auteur à un autre.

La basse chiffrée, conçue comme un « guide-doigts » pratique à l'usage des accompagnateurs, a bien rempli sa fonction tant que ce qu'elle avait à noter restait limité à quelques accords simples et qu'elle-même ne visait pas à autre chose qu'à en suggérer les grandes lignes. Lorsque les auteurs ont voulu chiffrer minutieusement des basses devenues complexes (J. S. Bach), cette pratique devint une complication supplémentaire, et l'on conçoit que la basse chiffrée n'ait pas survécu à l'usage de la basse continue.