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amen

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Mot hébreu à valeur adverbiale ou exclamative possédant des sens multiples : affirmation (Amen, dico vobis, « en vérité, je vous le dis », est une formule souvent employée par Jésus dans les Évangiles), conclusion, souhait, adhésion à ce qui vient d'être dit, acclamation, etc.

Utilisé fréquemment dans la liturgie juive, le mot est passé tel quel dans la plupart des liturgies chrétiennes, tant latine que grecque ou slave, où il se prononce amin. Le psautier latin primitif traduisait Fiat, ce qui a entraîné l'Ainsi soit-il français, abandonné depuis le concile Vatican II.

Musicalement, l'amen s'incorpore liturgiquement au texte qu'il conclut, à moins qu'il ne forme lui-même une réponse autonome ; ses formules mélodiques propres sont en ce cas généralement assez simples. En revanche, dès le xive siècle (fin du Gloria et du Credo dans la Messe de Machaut), les musiciens l'ont considéré comme matière de choix pour des développements vocalisés pouvant atteindre une très grande ampleur. À partir du xviiie siècle, dans le même esprit, il devient par tradition la conclusion brillante, souvent fuguée, de maints morceaux de messe ou d'oratorio ; d'où les sarcasmes dont l'abreuve Berlioz dans la Damnation de Faust (« Pour l'amen une fugue… »), où il en a rédigé une parodie. Un amen en faux-bourdon dit Amen de Dresde, en usage dans la cathédrale de cette ville, a fourni à Mendelssohn l'un des thèmes de sa symphonie Réformation (1830), repris par Wagner comme l'un des motifs essentiels de Parsifal (1882). Messiaen a illustré à sa manière les différentes acceptions de ce mot dans ses Visions de l'amen pour piano (1943).