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Apostolo Zeno

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Écrivain et librettiste italien (Venise 1668 – id. 1750).

Critique, historien, rédacteur du Journal des écrivains italiens de 1710 à 1719, il succèda à Silvio Stampiglia (1664-1725) comme poète officiel de la cour de Vienne (1718-1729), y précédant Métastase. Passé à la postérité pour ses livrets d'opéras, Zeno méprisait quelque peu cette activité, et déclamait ses poèmes devant ses amis, peu soucieux des possibilités musicales de ses vers, fades et conventionnels. Il occupe néanmoins une place essentielle dans la « réforme » du livret entreprise par l'académie des Arcadiens à Rome, réforme amorcée par G. Frigimelica-Roberti, Salvi, et surtout Domenico David (La Forza della virtù, 1693), tendant à rationaliser l'action et à rendre l'opéra « moral » et édifiant. Zeno, qui vantait la primauté du livret sur la musique, s'intéressa à sa structure, ramenant généralement le nombre des personnages à six, liés entre eux par de complexes intrigues sentimentales, et celui des actes, progressivement, de cinq à trois. Dans ses Préfaces, plus que dans les faits, Zeno prône le respect des unités de temps et d'action, la fidélité au costume et aux sources, se justifiant lorsqu'il modifie une fable connue, soit pour rendre l'action plus riche, soit pour conférer à ses héros des desseins plus nobles. Mais Zeno ne récuse pas encore les personnages ni les scènes comiques, et n'impose guère plus que ses prédécesseurs le dénouement heureux. Trop enclin au genre pastoral vanté par les Arcadiens, Zeno trouva parfois le ton dramatique idoine (Alessandro Severo, 1716), et, lorsqu'il collaborait avec Pietro Pariati (1665-1733), laissait à celui-ci le soin de versifier la trame établie. Il appartint à Métastase de réaliser avec un véritable génie de poète l'action entreprise par Zeno, qui, entre 1695 et 1734, écrivit, outre dix-sept actions sacrées, trente-six livrets qui donnèrent naissance à plus de deux cents opéras, en Italie, et à une centaine à l'étranger. Son poème le plus célèbre, La Griselda (1701), fut utilisé sous sa forme originale, ou adapté, plus de quinze fois au xviiie siècle et repris encore au siècle suivant. Les principaux musiciens qui mirent en musique ses poèmes furent, notamment, Caldara, Pollarollo, Albinoni, Vinci, Lotti, A. Scarlatti, Haendel, Pergolèse, Porpora, Hasse, etc., et jusqu'à Traetta et même Mercadante (Nitocri, 1824).