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Johann Walther

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur allemand (Kahla 1496 – Torgau 1570).

Tout en servant le prince-Électeur de Saxe, il se prit d'amitié pour Martin Luther, qui commençait à prêcher la Réforme, et compta parmi les premiers musiciens du mouvement. En 1524, Luther écrivit la préface de son ouvrage le Geistlich Gesangbüchlein. Parallèlement, Walther chantait la partie de basse dans la maîtrise du prince de Saxe, et, l'année suivante, prenait la direction de la même maîtrise à Torgau. Bien que le Corpus musicum du souverain ait été supprimé en 1530, le compositeur se fixa dans cette localité et y fonda la première société de chant allemande. Au rétablissement de la chapelle électorale à Dresde, en 1548, il en prit à nouveau la direction jusqu'en 1554, date à laquelle il se retira à Torgau, pensionné par le prince, sans cesser de composer dans la stricte continuité luthérienne.

Walther se situe dans le droit fil de la grande tradition franco-flamande, illustrée par Josquin Des Prés (le musicien préféré de Luther) et Isaak. Mais les particularismes de l'école allemande sont sensibles dans ses lieder, les uns homophones à quatre voix, les autres polyphoniques, à cinq et même six voix. Tout à la fin de sa vie, Walther, qui fut aussi le principal artisan de la Messe allemande (Deutsche Messe) voulue par Luther, composa les premiers motets de chorals affranchis de la règle du cantus firmus et les premiers psaumes allemands.

Son œuvre comprend de nombreux motets, un Magnificat, une Passion selon saint Matthieu, prototype de la passion-répons en Allemagne, et des mélodies de chorals (deux recueils seront imprimés en 1552 et 1561, avec le célèbre cantique sur le choral de Luther Von Himmel hoch). Il a également laissé un important poème-épitaphe sur la mort du réformateur, et son travail comme maître de chœurs à Torgau en fait le premier cantor de l'histoire de la musique luthérienne, un modèle qui se perpétuera jusqu'à l'époque de Jean-Sébastien Bach et au-delà. De ce point de vue, son influence a été grande, même hors des pays germaniques, et la musique protestante a trouvé, avec lui, un ton naturel et des harmonisations simples et chantantes dont Goudimel, en France, fera son profit.