En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Wieland Wagner

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Fils aîné de Siegfried Wagner (Bayreuth 1917 – Munich 1966).

Il commença sa carrière à Bayreuth en dessinant les décors des Maîtres chanteurs donnés au cours des saisons 1943-44. Après la guerre, il prit avec son frère Wolfgang la direction du Festival que sa mère, interdite d'activité par un tribunal de dénazification, mais seule héritière de Siegfried, accepta de leur céder. Entre 1951 et 1961, les deux frères se partagèrent la tâche difficile de relancer l'entreprise tout en imposant un style visuel nouveau, dont porta témoignage la mise en scène de Parsifal, à l'affiche jusqu'en 1973 et constamment améliorée. Le dépouillement esthétique, progressif, l'utilisation prioritaire des ressources de l'éclairage pour sculpter l'espace et les corps, se doublèrent d'une analyse universaliste, au sens strict, de l'œuvre de Wagner.

À partir de 1961, Wieland assura seul la totalité des créations : dépassant l'humanisme transcendant par lequel il glorifiait ses héros, il osa petit à petit certaines remises en question. Le matériau décoratif utilisé avait beau demeurer le même, le rapport qu'entretenaient avec lui les personnages évolua considérablement, dans le sens d'une individuation moins rigoureuse des héros et de leur réinsertion dans un contexte socio-politique gommé jusque-là au profit de descriptions archétypiques. De cette évolution témoignèrent en particulier les différentes productions de Tannhäuser (1954, 1961, 1964) et des Maîtres chanteurs (1956, 1963), ainsi que l'engagement de Pierre Boulez pour diriger Parsifal en 1966.

Après avoir dégagé Wagner ­ et Bayreuth ­ d'une histoire allemande trop immédiate, Wieland se préparait sans doute à désacraliser le style même du nouveau Bayreuth. Sa mort prématurée priva le théâtre lyrique d'un de ses plus importants chefs de file, puisque aussi bien il mit en scène Verdi et Beethoven, Berg et Richard Strauss. Il fut le plus souvent servi par une interprète selon son cœur, Anja Silja, meilleur exemple de ces retrouvailles de l'acteur avec son rôle que prônait Wieland en réaction contre les conventions standardisées du genre opéra.