En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Georg Christoph Wagenseil

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur et claveciniste autrichien (Vienne 1715 – id. 1777).

Élève de Fux, de Gottlieb Muffat et de Matteo Palotta, il obtint une bourse d'études de la cour en 1736 et, la même année, fit entendre sa première messe (Missa spei). Il fut nommé compositeur de la cour en 1738, fut organiste à la chapelle de la veuve de l'empereur Charles VI de 1741 à 1750, et en 1749, devint professeur de clavecin des enfants de l'impératrice Marie-Thérèse. Dans sa jeunesse, il mena assez haut la tradition baroque, écrivant notamment plusieurs messes, parmi lesquelles la Missa Domine libera animam meam (1737) et la Missa panem quotidiam (1739), ainsi qu'environ 90 ouvrages liturgiques (entre 1737 et 1755). De 1740 date sa cantate dramatique I Lamenti d'Orfeo. En 1745, il se rendit en Italie, où fut donné son premier opéra, Ariodante (Venise, 1745). Suivirent notamment La Clemenza di Tito (Vienne, 1746), Demetrio (Florence, 1746), Alessandro nell'Indie (Vienne, 1748), Il Siroe (Vienne, 1748) et L'Olimpiade (Vienne, 1749), ainsi que les pasticci Andromeda (Vienne, 1750) et Euridice (Vienne, 1750). Dans cette dernière œuvre en particulier, il réussit à élaborer de grandes scènes intégrant récitatifs, airs, ensembles et chœurs. En tout, il collabora à 5 pasticci et écrivit 10 opéras, 43 cantates et airs ainsi que 3 oratorios, Gioas, re di Giuda (1755), La Redenzione (1755) et Il Roveto di Mosè (1756).

Son importance ne fut pas moindre dans le domaine instrumental, où il apparaît davantage comme un compositeur préclassique. De ses 96 symphonies, toutes sauf 4 sont en trois mouvements. On lui doit aussi 93 ouvrages de musique de chambre, 3 doubles concertos (2 pour deux violons et 1 pour hautbois et basson), 3 concertos pour flûte, 2 pour violoncelle, 1 pour violon, 1 pour trombone et 93 pour instruments à clavier (1 pour quatre clavecins solistes, 6 pour deux clavecins, 12 pour clavecin ou orgue, 2 pour clavecin ou harpe, 3 pour piano-forte et 69 pour clavecin). Ses pièces pour clavecin, en particulier ses sonates, et sa musique de chambre avec clavecin frayèrent directement la voie au jeune Haydn. À signaler en particulier les Divertimenti da cembalo parus à Vienne en quatre groupes de six (1753, 1755, 1761 et 1763), tous dédiés à une archiduchesse d'Autriche.

Wagenseil fut le premier musicien autrichien dont la musique se répandit largement à Paris, à la fois par l'édition (vingt-neuf publications de 1755 à 1781) et au concert (au moins neuf auditions au Concert spirituel de 1759 à 1781). En 1759, il se rendit une dernière fois en Italie. En 1762, Mozart, âgé de six ans, joua un de ses concertos à Schönbrunn. À partir de 1764, malade, il se fit peu à peu remplacer comme professeur de clavecin à la cour par Matthäus Schlöger, puis par ses élèves Joseph Anton Steffan et Leopold Hofmann. Parmi ses autres élèves, Johann Baptist Schenk, qui raconte dans son autobiographie que Wagenseil utilisait, pour son enseignement, le Clavier bien tempéré de Bach, et Frantisek Xaver Dusek, l'ami de Mozart.