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Giovanni Battista Viotti

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Violoniste et compositeur italien (Fontanetto da Po 1755 – Londres 1824).

Élève de Pugnani, ce qui fit de lui le dernier grand représentant d'une tradition violonistique remontant à Corelli, il fut violoniste dans l'orchestre de la cour de Turin de 1775 à 1780. En 1780-81, il accompagna Pugnani dans une tournée européenne, puis arriva seul à Paris, débutant au Concert spirituel le 17 mars 1782, et s'imposant immédiatement comme le premier violoniste de son temps. Il resta dans la capitale française jusqu'en 1792, entrant au service de Marie-Antoinette en 1784, dirigeant quelque temps l'orchestre du prince de Rohan-Guéménée, prenant en 1788, grâce au patronage du comte de Provence (futur Louis XVIII), la direction d'un nouveau théâtre d'opéra, le théâtre de Monsieur (plus tard théâtre Feydeau). À l'issue de ces années parisiennes, il avait à son actif dix-neuf de ses vingt-neuf concertos pour violon.

En juillet 1792, il se réfugia à Londres, faisant ses débuts à un concert de Johann Peter Salomon le 7 février 1793. Durant la saison 1794, il participa aux mêmes concerts que Haydn, et pour celle de 1795, assuma la direction d'une nouvelle entreprise, l'Opera Concert (c'est là que furent créées les trois dernières symphonies de Haydn, nos 102 à 104).

Accusé de menées jacobines, il dut quitter l'Angleterre pour Hambourg en 1798, mais en 1801 au plus tard, il était de nouveau à Londres. Il abandonna alors la musique pour se livrer au commerce du vin. Il fut néanmoins l'un des fondateurs, en 1813, de la Royal Philharmonic Society. Ayant fait faillite en 1818, il fut nommé par Louis XVIII directeur de l'Opéra de Paris, mais il démissionna en 1821 et retourna à Londres en 1823.

Comme violoniste, Viotti peut être considéré comme le fondateur de l'école française de violon de la fin du xviiie siècle et du début du xixe (Rode, Kreutzer, Baillot). Le premier des trois fut son élève, les deux autres comptèrent parmi ses disciples, et la Méthode de violon de Rode, Kreutzer et Baillot (1803) ainsi que l'Art du violon, nouvelle méthode de Baillot (1834) reflètent largement ses principes.

Le jeu de Viotti était large et puissant. Comme compositeur, il écrivit essentiellement pour son instrument. On ne possède de lui aucune œuvre pour le théâtre, et ses quelques airs sont d'importance secondaire. Quant à ses pages pour piano, ce sont des arrangements, sauf peut-être les trois sonates op. 15. Ses duos pour deux violons, ses trios pour deux violons et basses, ses sonates pour violon et basse et ses quatuors à cordes (ces derniers relèvent du genre quatuor concertant et font la part belle au premier violon) ne manquent pas de valeur, mais son importance réside essentiellement dans ses vingt-neuf concertos. Les dix derniers, écrits à Londres, en particulier le 21e en mi majeur (avec lequel il fit ses débuts dans cette ville), le 22e en la mineur (ressuscité dans la seconde moitié du xixe siècle par Joseph Joachim), et le 24e en si mineur (1795), témoignent des mêmes qualités dramatiques que les précédents, mais aussi d'une orchestration plus fournie et d'un lyrisme jusqu'alors inhabituel.