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Jacques Thibaud

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Violoniste français (Bordeaux 1880 – Mont-Cemet 1953).

À cinq ans, il donne son premier récital ­ de piano ­, mais c'est à douze ans qu'il fait ses débuts publics au violon, à Angers, interprétant notamment la Romance en fa de Beethoven. En 1892, à Bordeaux, il joue le Concerto de Wieniawski. Encouragé par Ysaye, il devient, en 1893, au Conservatoire de Paris, l'élève d'un autre maître belge du violon, Martin Marsick (le professeur de Carl Flesch et de George Enesco). Il suit également les classes d'harmonie de Pugno et de Xavier Leroux. En 1896, il succède à Lucien Capet comme violon solo des concerts Rouge.

Remarqué par Édouard Colonne, qui l'engage dans son orchestre comme violon de rang, puis rapidement comme second violon solo, il devient célèbre du jour au lendemain par son interprétation du Prélude de l'oratorio le Déluge de Saint-Saëns. Ses premières tournées en 1903 en Allemagne et en Amérique marquent le début de sa gloire.

Entre deux tours du monde, il s'adonne à la musique de chambre, en compagnie de Cortot et de Casals avec qui il forme, de 1905 à 1935, un célèbre trio. Hédoniste, l'art de Thibaud ignore l'effort, la rigueur de tempo ou de style, il n'est que séduction, tendresse instinctive, pure invite au bonheur. Idéalement accordé à l'esprit de Mozart et au romantisme fin de siècle de Saint-Saëns, Lalo, Chausson, Franck, il convainc moins dans le répertoire germanique et gagne à être balancé par la rigueur de Cortot et l'élan de Casals. Les enregistrements du trio (Schubert, Mendelssohn, Beethoven, Haydn, Schumann) restent les meilleurs témoignages de son art, au milieu d'une discographie éparpillée en pièces de bravoure (dont une Danse espagnole composée pour lui par Granados).

Chef d'orchestre occasionnel, il est le plus souvent accompagné par le fidèle Tasso Janopoulo, son alter ego depuis 1923. Armé de son Carlo Bergonzi, puis du stradivarius « Baillot », Jacques Thibaud joue encore à soixante-dix ans passés, jusqu'à son dernier concert à Biarritz quelques jours avant l'accident de l'avion qui l'emportait une fois encore au Japon. Il laisse pour perpétuer son souvenir un concours international créé en 1943 en compagnie de Marguerite Long.