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Sergueï Ivanovitch Taneïev

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur, théoricien et pédagogue russe (Vladimir 1856 – Dioudkovo, près de Moscou, 1915).

De 1866 à 1875, il fréquenta le conservatoire de Moscou dont il fut l'un des premiers élèves. Il y travailla avec Tchaïkovski (harmonie, composition), Hubert (contrepoint) et Nicolas Rubinstein (piano). Ses conceptions de l'histoire de la musique furent influencées par celles du critique Hermann Laroche. En 1876-77, Taneïev effectua une tournée de pianiste virtuose en Europe occidentale, séjourna en France et rencontra Pauline Viardot, Saint-Saëns, Gounod, Fauré et Vincent d'Indy. En 1878, il fut nommé professeur au conservatoire de Moscou et enseigna successivement l'harmonie, l'instrumentation, le piano, la composition, la fugue et les formes musicales. Il compta parmi ses nombreux élèves Scriabine, Rachmaninov, Medtner, Liapounov, Glière, et encouragea, à titre personnel, les débuts du jeune Prokofiev. De 1885 à 1889, il fut directeur du conservatoire. Il le quitta en 1905 à la suite de désaccords avec le nouveau directeur Safonov. Il fut ensuite l'un des fondateurs du Conservatoire populaire de Moscou (1906) et de la Bibliothèque de théorie musicale (1908).

Esprit universel, Taneïev était ouvert aux sciences les plus diverses : mathématiques, philosophie, histoire, linguistique (il étudiait l'espéranto). Il était un proche de la famille de Léon Tolstoï. Passionné par les problèmes de théorie musicale, il passa de nombreuses années à étudier le contrepoint, auquel il consacra deux traités : le Contrepoint mobile de style rigoureux (1909) et la Science du canon (inachevé). Il s'intéressa également à la musique populaire russe ainsi qu'à certaines musiques ethniques (caucasiennes), et s'efforça d'élaborer un style contrapuntique spécifiquement russe. Cependant sa musique se distingue fondamentalement de celle de la tendance nationaliste de l'école russe. S'il se rapprocha de Rimski-Korsakov et de Glazounov, l'esthétique de Moussorgski lui resta toujours étrangère. Ses premières œuvres furent naturellement influencées par Tchaïkovski (1re Symphonie, 1874, premiers chœurs a capella, Trio à cordes, 1880). Mais son style personnel s'affirma rapidement.

Son écriture musicale se distingue par une prédominance de la polyphonie. Ses grandes œuvres vocales sont écrites sur des textes à fond éthique et religieux. Dans son seul opéra, l'Orestie (1894), Taneïev évite la séduction facile d'une stylisation de la musique antique et traite le sujet dans une optique universellement humaine, à l'image de Gluck. Sa philosophie religieuse trouve son expression dans ses deux grandes cantates Saint Jean Damascène (1884, sur un poème d'Alekseï Tolstoï) et Après la lecture d'un psaume (1915, sur un texte de Khomiakov).

Ses nombreux chœurs a capella ainsi que ses quatuors sont remarquables par leur science de la conduite des voix. Cependant, le sérieux et parfois l'austérité de sa musique ont pu le desservir auprès de nombreux mélomanes. Il n'en reste pas moins injuste que Taneïev, en tant que compositeur, ait été éclipsé d'une part par la gloire de son maître Tchaïkovski, d'autre part par celle de ses disciples Rachmaninov et Scriabine.