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Thomas Tallis

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur anglais (v. 1505 – Greenwich 1585).

Il séjourna et travailla dans plusieurs monastères (entre autres comme maître de chœur ou organiste à l'abbaye de Waltham) jusqu'à la dissolution royale de 1540. Quelque temps après, il devint gentilhomme et principal organiste et compositeur de la chapelle royale. Il composa pour l'Église anglicane sous Édouard VI, puis selon le rite catholique avec Marie Tudor, pour revenir à la religion réformée par Élisabeth Ire. Doyen des musiciens anglais, il obtint, pour lui et son disciple Byrd, le monopole de l'édition musicale, tout en restant organiste de la chapelle royale. Ce n'est pourtant que plus tard que ce monopole devait devenir fructueux, lorsque le genre du madrigal connut auprès du public la popularité que l'on sait.

Tallis, qui garda la foi catholique, a donc composé indifféremment pour les deux cultes, apparemment avec la même facilité (mais la présence du motet latin dans la liturgie anglicane aidait à cette ambivalence). Ses Messes sont d'un maître de la polyphonie et usent d'un contrepoint imitatif, assez proche de celui de Lassus. Également remarquables par la profondeur de leur inspiration et l'élan spirituel sont les deux Lamentations et le grand motet Spem in alium, page spectaculaire à quarante voix réelles, écrite à l'occasion du 40e anniversaire de la reine Élisabeth (1573). Pour la liturgie nouvelle de l'Église réformée d'Angleterre, il a composé des « services », des psaumes et une douzaine d'anthems, toujours dans la grande tradition sacrée de la Renaissance (que l'héritier Byrd, qui tint à rendre hommage à l'art de Tallis, en une déploration qui compte parmi les plus belles de toute l'histoire de la musique, maintiendra vivante jusqu'au début du xviie siècle). Enfin, le virginaliste n'est pas, chez lui, sans talent avec des variations virtuoses sur le Felix Namque.