En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Suk

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Famille de musiciens tchèques.

Josef, violoniste, pédagogue et compositeur (Krecovice 1874 – Benesov 1935). Fils d'instituteur, musicien et mélomane, il apprend le violon dès l'âge de quatre ans. Admis dans la classe de violon d'Antonin Bennewitz au conservatoire de Prague en juillet 1885, il travaille l'harmonie (Josef Foerster) et la composition (Antonín Dvořák), et devient le camarade, puis l'ami, de Vitezslav Novak. Admis dans l'intimité de Dvořák à Vysoka, il fait la connaissance de sa fille Otilka. Il fonde avec Karel Hoffmann, premier violon, Oskar Nedbal, alto, et Otto Berger, violoncelle, le Quatuor tchèque, sous la direction du célèbre violoncelliste et professeur Hanus Wihan.

Ce quatuor donne son premier concert le 19 janvier 1893 à Vienne. Suk restera le deuxième violon de cet ensemble jusqu'à son concert d'adieu, le 20 mars 1933. De 1893 à 1905, il écrit de nombreuses pièces pour le piano, Six Pièces op. 7, Feuillet d'album, Pièces op. 12, Impressions d'été op. 22b, ainsi que la célèbre Sérénade pour cordes op. 6, sous l'influence directe de son maître, devenu son beau-père, depuis son mariage avec Otilka. Le 1er mai 1904, alors que Suk vient de se faire applaudir par le public tchèque pour son immense poème symphonique Praga, Dvořák meurt subitement. Le 5 juillet 1905, Otilka meurt, à son tour, de tuberculose. Désormais, Suk n'est plus le chantre du printemps et de l'amour. Son style devient d'une grande complexité polyphonique et polyrythmique. En mémoire de sa femme et de son beau-père, il écrit un immense chant funèbre, une Symphonie en ut mineur, Asraël, dont l'ossature thématique est constituée par le thème du destin, qui s'unit à celui de la mort, telle la malédiction de Roduz, et Mahulena. Cet immense poème en 5 mouvements forme le premier pilier d'une tétralogie qui comporte aussi le Conte d'été op. 29 (1909), Maturation op. 34 (1917) et Épilogue op. 37 (1933).

Suk est pourtant le fondateur de l'école tchèque moderne et, avec Novak, celui qui a su faire passer la forme du quatuor, comme celle du poème symphonique, de Brahms et Strauss à Janáček, Hába et Martinů. La puissance méditative, la vitalité, la tendresse expressionniste de Maturation s'opposaient, à l'époque de la création de l'ouvrage, à la musique « blanche » d'un Stravinski et aux principes de non-répétition de l'école viennoise. Aujourd'hui, Suk attend sa réhabilitation, tout comme l'autre école de Vienne, celle allant d'Hauer à Franz Schmidt.

Josef, violoniste (Prague 1929). Petit-fils du précédent et arrière-petit-fils de Dvořák, il a fait ses débuts en public dès 1940, a étudié au conservatoire de Prague jusqu'en 1951, a été premier violon du Quatuor de Prague (1951-52), et, en 1962, a formé un duo avec la claveciniste Zuzana Ruzickova.

Il s'est imposé à l'étranger à partir de 1959, et est le premier violoniste tchèque de sa génération, tant comme soliste que comme musicien de chambre.