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Roger Sessions

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur et pédagogue américain (Brooklyn 1896 – Princeton, New Jersey, 1985).

Il fut l'élève d'Horatio Parker à Yale University, puis de Nadia Boulanger et d'Ernest Bloch dont, après avoir enseigné à Smith College depuis 1917, il devait devenir l'assistant à Cleveland (1921). Il débuta en 1923 par une musique de scène pour The Black Maskers d'Andriev, dont la puissance dramatique s'exprimait dans une langue originale, en dépit des influences avouées d'Ernest Bloch et de Stravinski.

Il passa ensuite en Europe huit années (1925-1933), au cours desquelles il s'intéressa spécialement à Schönberg et à Alban Berg, mais aussi à Richard Strauss et à Hindemith. Le résultat fut une synthèse de ces différents éléments, dont aucun n'est déterminant, mais dont chacun a contribué à l'essor d'une personnalité scrupuleuse et à sa libre expression. Prix de Rome en 1928, il présenta à New York, de 1928 à 1931, avec Copland, les « Copland-Sessions Concerts ». À son retour définitif aux États-Unis, il devint enseignant au département de Musique de Princeton (1935-1944). Les pages qu'il écrivit alors sont fidèles à une esthétique néoclassique (Pastorale pour flûte solo, Concerto pour violon) qui devait évoluer, à partir de la 2e Symphonie (1946) et de la 2e Sonate pour piano (1946), vers un chromatisme de plus en plus dissonant, caractéristique de sa période atonale. Son opéra The Trial of Lucullus (1947), son second Quatuor et sa 3e Symphonie (1957) marqueront les différentes étapes de son évolution vers un dodécaphonisme employé d'ailleurs librement et dans un esprit proche de celui d'Alban Berg.

Ses activités de président de la section américaine de la Société internationale de musique contemporaine et de professeur à Berkeley (1944-1952), Princeton (1953-1965), Berkeley (1966-67) et Harvard (1968-69) ne semblent pas avoir nui à une carrière de compositeur qui a suivi une démarche régulière pendant près d'un demi-siècle. Proclamé par les uns chef des compositeurs américains progressistes, et par les autres « le Brahms américain », il a réalisé par des moyens strictement personnels une œuvre d'une puissance et d'une saveur remarquables sur laquelle il a toujours refusé de s'expliquer, mais où il est facile de reconnaître, en marge de sa solide culture classique, l'intelligente assimilation des influences qu'il a su admettre. On lui doit notamment 9 symphonies (de 1927 à 1978).