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Alexandre Serov

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Critique musical et compositeur russe (Saint-Pétersbourg 1820 – id. 1871).

Juriste de formation et de métier, il fut autodidacte en musique. Ses rencontres avec Vladimir Stassov, puis avec Glinka (1842) l'incitèrent à se consacrer activement à la musique. Mais ce n'est qu'en 1851 que débuta son activité de critique dans les revues Sovremennik (« le Contemporain ») et Pantheon. Ses premiers articles concernèrent Spontini, Mozart, Beethoven, le chant populaire russe et Glinka, dont il se fit l'exégète. Polémiste de talent, il fut en Russie un pionnier de la critique musicale « engagée ». En 1858, il envoya une violente riposte à Fétis à la suite des articles de ce dernier sur Glinka. Ayant, en 1858-59, entendu en Occident les opéras de Wagner, il s'appliqua activement à son retour en Russie à faire connaître l'art et les principes de ce maître. Il soutint, en leurs débuts, les compositeurs du groupe des Cinq, mais se brouilla avec eux par la suite. En 1867, il fonda la revue Musique et Théâtre, qui ne connut qu'une année d'existence. En tant que compositeur, Serov est passé à la postérité grâce à ses trois opéras, Judith (1862), Rognéda (1865), et la Puissance du mal (1871), qui sont chacun représentatifs d'un courant esthétique propre à l'école nationale russe : l'orientalisme et la dimension épique dans Judith, qui encouragea Moussorgski à commencer son Salammbô ; le haut Moyen Âge russe dans Rognéda, dont l'influence s'est exercée sur Rimski-Korsakov ; la critique sociale dans la Puissance du mal, qui s'inscrit dans la succession de la Roussalka de Dargomyjski. Mais les conceptions musico-dramatiques de Serov, en dépit de son admiration pour Wagner, le rapprochaient surtout du grand opéra français.