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Albert Schweitzer

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Organiste et musicologue français (Kaysersberg, Alsace alors allemande, 1875 – Lambaréné, Gabon, 1965).

Il fut aussi pasteur, philosophe, théologien et médecin ; son œuvre humanitaire lui valut en 1952 le prix Nobel de la paix. En tant qu'organiste, on le connaît par de médiocres enregistrements réalisés dans sa vieillesse, alors qu'il avait abandonné tout professionnalisme pour se consacrer à son hôpital de Lambaréné ; mais, élève de Widor, il eut son heure de célébrité dans les premières années du siècle, mettant tout son talent à défendre ses idées musicologiques. Celles-ci s'expriment en deux domaines : la connaissance de J.-S. Bach et le renouveau de l'orgue baroque.

S'ils ont pu être controversés, et surtout si les données de la musicologie ont progressé depuis, il n'en demeure pas moins que les travaux de Schweitzer ont grandement contribué à l'essor des domaines auxquels il s'est attaqué. Pour ce qui est de Bach, son apport réside en deux ouvrages : J.-S. Bach, le musicien poète (en français, Leipzig, 1905), et la version allemande qu'il donna lui-même de ce livre, considérablement augmentée (J. S. Bach, Leipzig, 1908). Schweitzer y envisage l'œuvre de Bach sous l'angle de la symbolique musicale, si importante chez les musiciens de l'âge baroque. Une grande partie de l'œuvre de Bach se référant à des textes sacrés, Schweitzer souligne leur caractère descriptif dans le langage musical du compositeur ; cela vaut notamment pour les chorals pour orgue, dont, en France tout du moins, on ignorait totalement qu'ils fussent des commentaires sur des textes de cantiques chantés dont la signification était primordiale. Cet aspect poétique, symbolique et baroque de la musique de Bach, par opposition au maître d'une architecture abstraite et d'une perfection formelle que l'on se figurait jusqu'alors, fit progresser considérablement la perception de l'esthétique de Bach et ouvrit la voie à bien des recherches.

Les progrès de la musicologie ont amené à revoir certaines des conceptions de Schweitzer, mais son ouvrage reste fondamental et n'a guère été critiqué en France que par des ignorants. Dans le domaine de la facture d'orgues, Schweitzer a prôné un retour à l'orgue polyphonique baroque, avec des jeux de détail et des mixtures, contre l'engouement excessif pour l'orgue symphonique. De même, il recommandait la traction mécanique à l'ancienne. Certaines de ses idées n'ont heureusement pas été suivies, comme celle d'une console normalisée, ni ses compositions de jeux qui demandaient à être revues à la lumière de recherches plus poussées sur l'orgue baroque. Mais l'influence de Schweitzer a là aussi été décisive sur l'évolution des travaux ultérieurs.