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Elisabeth Schwarzkopf

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Soprano allemande (Jarotschin 1915 – Schruns, Autriche, 2006).

Élève de Lula Mysz-Gmeiner au conservatoire de Berlin (1934), elle fait ses débuts en 1938 à l'Opéra municipal de cette ville, en fille-fleur de Parsifal, puis en Musette de la Bohème et en Zerbinette de Ariane à Naxos, son premier grand rôle straussien. Maria Ivogün, qui devient son professeur, l'aide à trouver sa véritable voix et l'initie, avec son mari, l'accompagnateur Michael Raucheisen, aux trésors du lied, dont elle va devenir la plus illustre interprète de l'après-guerre. Elle débute dans ce répertoire à Berlin en 1942. Elle entre en 1943, à l'invite de Karl Böhm, dans la troupe de l'Opéra de Vienne, avec laquelle elle fait ses débuts au Covent Garden en 1947, avant de faire partie de la troupe londonienne pendant cinq ans. Elle y chante aussi bien le répertoire italien (Violetta, Gilda, Mimi, Madame Butterfly) que les rôles mozartiens qu'elle approfondit, notamment, au fil de ses apparitions au Festival de Salzbourg (de 1949 à 1964), après y avoir débuté dans le rôle de la Comtesse des Noces de Figaro. C'est également le premier personnage qu'elle incarne à la Scala de Milan (1949) où elle est régulièrement invitée jusqu'en 1963 (parmi ses autres rôles, Mélisande, Marguerite et Iole du Hercule de Haendel), tandis que son second rôle fétiche, la Maréchale du Chevalier à la rose, est celui de ses débuts à l'Opéra de San Francisco (1955) et au Metropolitan de New York (1963), ainsi que de ses adieux à la scène, en 1971, au théâtre de la Monnaie de Bruxelles.

Son répertoire, d'un grand éclectisme, comprend encore Manon de Massenet, Marcelline et Leonore de Fidelio, Marenka de la Fiancée vendue, Alice Ford de Falstaff, Éva des Maîtres chanteurs (pour son unique apparition à Bayreuth en 1951) et la création du rôle d'Anne Trulove dans The Rake's Progress de Stravinski (Venise, 1951). En concert, elle interprète les grands oratorios de Bach, Haendel, Haydn, les requiem de Brahms (sous la direction de Karajan, avec qui elle aime à travailler) et de Verdi (qu'elle chante à Venise en 1951, sous la direction de Sabata, pour la commémoration du cinquantième anniversaire de la mort de Verdi), ainsi que de Tippett A Child of our Time. Pour son premier récital à Salzbourg en 1953, elle interprète, accompagnée par Furtwängler, des lieder de Wolf, qu'elle contribue à faire redécouvrir.

La gloire de Schwarzkopf reste liée aux innombrables enregistrements que son mari Walter Legge, directeur artistique, réalise, immortalisant ses meilleures interprétations (entre autres, les quatre derniers lieder de Richard Strauss, qu'elle est la première à enregistrer en 1953). Quand Walter Legge meurt en 1979, elle se retire définitivement, n'accordant plus que quelques cours d'interprétation, en 1981, dans le cadre des Fêtes musicales de Touraine (après ceux donnés à la Juilliard School de New York en 1976). La même année, elle fait, à Bruxelles, des débuts remarqués de metteur en scène dans le Chevalier à la rose. Partie des rôles de colorature, elle s'est transformée, grâce aux leçons de Maria Ivogün, en une soprano lyrique accomplie, à la voix éclatante et chaude, qu'elle a modelée et disciplinée dans le sens d'une plénitude artistique sans failles.