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Artur Schnabel

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Pianiste et compositeur autrichien, naturalisé américain (Lipnik 1882 – Morschach, Suisse, 1951).

Il étudie à Vienne, de 1889 à 1897, la théorie musicale avec Mandyczewski, et le piano avec Leschetizky qui l'oriente vers une conception plus musicale que virtuose de l'instrument, l'encourageant à jouer les sonates de Schubert, complètement négligées jusque-là. À Berlin, où il vit de 1900 à 1933, la rencontre de sa future épouse, Thérèse Behr, contralto renommée pour ses interprétations de lieder, le conforte dans cette voie : ils donneront ensemble en 1928 de véritables schubertiades, mêlant le piano et la voix. Schnabel a mené de front les carrières de soliste, de compositeur, de pédagogue et de chambriste, se voulant un musicien à part entière. Il joue avec Carl Flesch, Pablo Casals, Emanuel Feuermann, Pierre Fournier, Paul Hindemith, Bronislav Hubermann, William Primrose, Josef Szigeti, etc., et forme, en 1920, un trio avec Wittenberg et Hekking. Il enseigne, à partir de 1925, au sein de l'Académie de musique de Berlin. Clifford Curzon et Calude Frank figurent parmi ses élèves.

Depuis son premier concert donné à l'âge de huit ans, l'interprète a constamment repris et approfondi l'étude de ses maîtres : Mozart, Schubert, Beethoven. À plusieurs reprises, il a donné en un cycle de concerts l'intégrale des 32 sonates de ce dernier, en 1927 et 1933 à Berlin, en 1934 à Londres, en 1936 à New York, et fut le premier à l'enregistrer dès 1932. Il quitte Berlin en 1933 pour Londres et Tremezzo (sur le lac de Côme), où il donne des cours d'été, avant d'émigrer en 1939 aux États-Unis. En butte à l'incompréhension du public (surtout manifeste lors de sa première tournée en 1922) et des bureaux de concerts qui attendent de sa part une programmation plus conventionnelle, il délaisse la scène pour l'enseignement (de 1940 à 1945 à l'université de Michigan) et la composition, et rentre en Europe vivre ses dernières années.

À l'image d'un toucher varié à l'infini, la subtile alchimie de ses interprétations, faisant fusionner les inconciliables, rigueur et liberté, réflexion et poésie, donne aux sonates ultimes de Beethoven et de Schubert un élan et un phrasé d'une intensité et d'une beauté constantes. C'est un art fait d'économie et de hardiesse, qui trouve son reflet dans l'œuvre même de Schnabel, méconnue et attachante par ses recherches harmoniques, parallèles à celles d'un Schönberg (il a joué dans sa jeunesse sous sa direction Pierrot lunaire) : Trio à cordes (1925), Sonate pour violon (1935), Pièces pour piano (1937), Symphonie (1940), Rhapsodie pour orchestre (1948), quatuors à cordes, un concerto pour piano et le Duodecimet pour douze voix (1950).