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Hermann Scherchen

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Chef d'orchestre allemand (Berlin 1891 – Florence 1966).

Autodidacte, il débute à seize ans comme altiste de l'orchestre Blüthner, avant d'entrer à l'Orchestre philharmonique de Berlin (1907-1910), où il fait à vingt ans ses premières armes de chef, dirigeant en Allemagne Pierrot lunaire qu'il a étudié avec Schönberg avant la création (1912). Nommé en 1914 chef de l'Orchestre symphonique de Riga, il est fait prisonnier de guerre par les Russes. De retour à Berlin en 1918, il y fonde la Neue Musikgesellschaft et son propre quatuor, lance un an plus tard son premier journal musical, Melos. Il dirige une chorale d'ouvriers (1920), enseigne la musique moderne à la Musikhochschule de Berlin, mène l'Orchestre Grotrian-Steinweg de Leipzig (1921) et celui de la Radio de Francfort (1923).

Nommé directeur du Musikkollegium de Winterthur (1923) et directeur de la Radio de Königsberg (1928), il quitte l'Allemagne en 1933 pour la Belgique où il édite un nouveau journal, Musica Viva (1933-1936), puis pour la Suisse, où il dirige successivement l'Orchestre de Radio-Zurich et celui de Beromunster, et donne des cours de direction d'orchestre en été. Il crée en 1939 l'orchestre Ars Viva (et en 1950 les éditions du même nom).

Après la guerre, il participe activement à l'avant-garde musicale par ses cours d'interprétation de Venise et de Darmstadt et par la création de son studio électroacoustique à Gravesano (1954), dont les recherches sont analysées dans ses Gravesaner Blätter (1956-1962). Ses élèves ont noms Hartmann, Maderna, Libermann, Nono, Goehr, Dallapiccola, Xenakis.

Des créations importantes ont jalonné sa carrière de chef : trois fragments de Wozzeck (1924) et le Vin de Berg (1934), Matka et Der Weg des Lebens de Haba (1930 et 1934), les Variations pour orchestre op. 30 de Webern, le Prisonnier de Dallapiccola (1950), Das Verhör des Lukullus de Dessau (1951), la Danse du Veau d'or de Moïse et Aaron (1951), le Roi cerf de Henze (1956), Terretektohr de Xenakis (1966). Clarté et énergie sont les maîtres mots pour définir les interprétations de Scherchen, jaillissantes et novatrices. Plus de cent vingt disques portent témoignage de ses goûts : Bach (il est sans doute le premier à avoir dirigé en concert à Paris l'Art de la fugue), Haydn (première intégrale des symphonies londoniennes), Haendel, Berlioz, Mahler, etc.

Le compositeur laisse des lieder, des chœurs, un trio, une sonate pour piano, et le chef un livre essentiel sur l'art de la direction d'orchestre (Lehrbuch des Dirigierens, Leipzig, 1929).