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Johann Adolph Scheibe

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur et théoricien allemand (Leipzig 1708 – Copenhague 1776).

Ce fils d'organiste dont la candidature fut refusée à la Nikolaikirche de Leipzig en 1729, J. S. Bach étant l'un des examinateurs, fonda une revue musicale hebdomadaire intitulée Der kritische Musicus (1738-1740), prit violemment à partie J. S. Bach, et défendit avec ardeur le style allemand contre les influences étrangères et notamment italiennes. Nommé en 1739 maître de chapelle du margrave de Brandebourg-Kulmbach, beau-frère de Christian VI de Danemark, il rejoignit Copenhague en 1740. Dès lors, son œuvre se développe, dominé par ses cantates et surtout ses grands concerts de la Passion (Gottselige Gedanken bei dem Kreuze unseres Erlösers, 1742 ; Tränen der Sünder bei dem Kreuze ihrer Erlösers, 1746). En 1746, il est mis à la retraite, le nouveau roi Frederik V préférant l'opéra et les styles italien et français, et Scheibe ne réapparaît qu'en 1766 pour écrire une Passions Cantata pour les funérailles de Frederik.

Scheibe rejette le style musical italien, il utilise avec simplicité l'arioso, attribue un rôle important à l'orchestre, et il apparaît comme une personnalité représentative de la période de transition entre les époques baroque et classique. La plupart de ses œuvres musicales sont perdues.

Sa critique de Bach, qui lui fut violemment reprochée par la postérité, à partir du xixe siècle (Spitta) surtout, doit être replacée dans le contexte de l'époque. En fait, Scheibe fut un des principaux théoriciens de la musique dans l'Allemagne de son temps, et c'est comme « progressiste », comme annonciateur et propagateur, par ses idées, de la révolution mélodique et harmonique qui devait mener au classicisme viennois, que Scheibe trouva Bach, ce « grand homme », artificiel et confus. Pour lui, dont les écrits symbolisèrent la fin de l'âge baroque, le musicien le plus représentatif du temps était Telemann. Très significative de son état d'esprit est la phrase suivante, écrite par lui en 1745 : « La mélodie est plus importante que l'harmonie, car elle est plus noble, c'est d'elle que dépend l'invention et c'est chez elle qu'il faut chercher les fondements de l'accompagnement harmonique. »