En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Saint-Martial

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Célèbre abbaye de Limoges, aujourd'hui détruite, et qui fut du ixe au xie siècle, avec Saint-Gall, l'un des centres les plus remarquables dans la création du répertoire des tropes et séquences, puis aux xie et xiie siècles dans l'élaboration de la polyphonie. Sa bibliothèque, constituée surtout au xiiie siècle par les soins de Bernard Itier, et acquise vers 1730 par l'abbé Bignon pour la Bibliothèque royale (aujourd'hui nationale), contient l'une des plus riches collections du Moyen Âge dans tous les domaines musicaux paraliturgiques : tropes, séquences, versus, drames liturgiques, etc.

C'est dans l'un de ses manuscrits (lat. 1154) que se trouve le plus important recueil de poèmes chantés carolingiens ; dans un autre (tropaire lat. 1118) que l'on voit les fameux dessins de jongleurs si souvent reproduits, dans un troisième (lat. 1139) qu'est noté le Sponsus, premier drame liturgique chanté faisant appel à la langue vulgaire, etc. Ces manuscrits, toutefois, semblent pour la plupart avoir été plutôt acquis de bonne heure par l'abbaye que rédigés pour elle : leur aire de rédaction est principalement limousine, mais couvre une grande partie de l'Aquitaine, descendant jusqu'à Narbonne et peut-être Cuxa.

En 1063, l'abbaye fut contre son gré rattachée à Cluny, mais refusa toujours de se reconnaître vassale de la métropole bourguignonne et conserva jusqu'à sa disparition (xviiie s.) un statut particulier.