En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Mstislav Rostropovitch

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Violoncelliste, pianiste et chef d'orchestre soviétique (Bakou 1927–Moscou 2007).

Né d'un père violoncelliste et d'une mère pianiste, il commença ses études musicales avec son père, pour les poursuivre, à partir de 1943, au conservatoire de Moscou, où il eut comme professeurs Chebaline et Chostakovitch (composition) ainsi que Kozoloupov (violoncelle). Premier prix de concours internationaux à Prague et à Budapest, il entreprit des tournées de concerts dès les années 50, ce qui permit aux auditoires de nombreux pays de découvrir son jeu superbe, son intensité expressive, sa puissance, sa plénitude dans tous les registres.

Professeur au conservatoire de Moscou de 1949 à 1974, professeur honoraire au conservatoire de Leningrad de 1960 à 1967, lauréat des prix Lenine et Staline, l'artiste est titulaire de nombreuses médailles et distinctions, tant en Union soviétique qu'en de nombreux pays.

Comme pianiste, il a accompagné la soprano Galina Vichnievskaia, son épouse depuis 1955. Comme chef d'orchestre, il fit ses débuts à Gorki en 1961, et c'est à l'occasion d'une production d'Eugène Onéguine au Bolchoï de Moscou, où son épouse chantait le rôle de Tatiana, qu'il s'affirma dans cette nouvelle fonction (1968). C'est à Paris que la production fut enregistrée sur disques, au cours de la tournée de ce théâtre. Notamment pour avoir hébergé Soljenitsyne, le couple quitta l'Union soviétique en 1974, pour une durée de deux ans, mais fut déchu de sa nationalité le 15 mars 1978, « pour activités portant atteinte au prestige de l'Union soviétique ».

Dans cette période d'exil, Rostropovitch mena une intense activité de chef d'orchestre, ou de récitaliste avec sa femme, faisant connaître la musique de son pays, et réalisant des enregistrements. Fidèle à une promesse faite lors de ses adieux à Chostakovitch en 1974, il dirigea, en Angleterre, l'enregistrement de Lady Macbeth de Mtsensk dans sa version originale. De 1977 à 1994, il fut comme successeur d'Antal Dorati chef musical de l'Orchestre symphonique national de Washington. Il s'est à nouveau produit dans son pays natal à partir de 1990.

Le répertoire du violoncelle devait s'enrichir grâce à Rostropovitch puisqu'une cinquantaine de sonates et de concertos ont été conçus pour lui. En 1952, Prokofiev révisa son Concerto pour violoncelle avec sa collaboration, lorsqu'il en fit la Symphonie concertante op. 125. Aidé par Kabalevski, le grand violoncelliste termina en outre le Concertino op. 132 que Prokofiev avait laissé inachevé. Chostakovitch (deux concertos), Britten (six œuvres), Glière, Khatchatourian, Kabalevski, Jolivet, Dutilleux, Sauguet, Auric, Wiener, Ohana, Lutoslawski et Landowski lui ont dédié des compositions.

En France, Mstislav Rostropovitch a été fait commandeur de l'ordre des Arts et Lettres et officier de la Légion d'honneur et est devenu en 1988 président des Rencontres musicales d'Évian. Aux États-Unis, il a reçu le prix pour la Défense des droits de l'homme.