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Luigi Rossi

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur, chanteur et organiste italien (Torremaggiore, Foggia, v. 1597 – Rome 1653).

Ses premières années demeurent obscures, mais il semble avoir été l'élève à Naples vers 1608 du Flamand Jean de Macque avant de s'installer à Rome en 1621 environ, probablement au service de la famille Borghèse. En 1627, il épouse Costanza de Ponte. En 1633, il est nommé organiste de l'église Saint-Louis-des-Français, poste qu'il conserve jusqu'à sa mort. À partir de 1641, ses talents sont sollicités par le cardinal Barberini. Le premier de ses deux opéras, Il Palazzo incantato (1642), est représenté dans le théâtre privé des Barberini, et le spectacle dure sept heures.

Après un séjour à Bologne, et le départ de la famille Barberini, exilée en France, Mazarin invite le compositeur à suivre son ancien maître et à composer un nouvel opéra. Rossi accepte, arrive à Paris en 1646 et termine son Orfeo quelques jours seulement avant la création, le 2 mars 1647. Avec les ballets de Lully entre les actes, l'œuvre est très applaudie mais les dépenses, colossales pour l'époque, déclenchent de sévères critiques. Persécuté et menacé pendant la Fronde, Rossi retourne définitivement en Italie vers 1650. À sa mort, il est enterré en l'église Santa Maria in via Lata.

La réputation de Luigi Rossi est fondée principalement sur ses quelque 300 cantates de chambre. Leur popularité est attestée par le nombre de manuscrits qui en subsistent en Italie, en Grande-Bretagne, et en France. Les cantates de Rossi sont chantées, entre autres, par Pierre de Nyert, un chanteur français qui faisait « pleurer de joie » le compositeur (Saint-Évremond). Allant de la simple aria ou canzone strophique aux cantates plus développées comportant également des récitatifs (par exemple, La Gelosia à une voix et basse continue), ces œuvres ont fortement contribué à l'évolution du genre.

Rossi possède un sens dramatique aigu ­ ses récitatifs souples se transforment facilement en efflorescences mélodiques ­, et son harmonie se caractérise par sa science et sa sobriété. Il excella dans le style grave et mélancolique. Le plus célèbre, peut-être, de ses lamenti est la cantate sur la mort de Gustave-Adolphe de Suède, Un ferito cavaliero di polve. Parmi ses quelques partitions religieuses figure son oratorio sur un livret italien de l'abbé Buti, Giuseppe, figlio di Giacobbe, œuvre particulièrement expressive accordant une place importante à des chœurs grandioses jouant le rôle des fils de Jacob.

Considéré avec Cavalli, par un contemporain, comme l'un des « nouveaux cygnes » du bel canto, Rossi est, avec Carissimi, le compositeur le plus influent de l'école romaine de la première moitié du xviie siècle.