En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Jean-Claude Risset

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur et chercheur français (Le Puy 1938 – Marseille 2016).

Il mène de front des études scientifiques (École normale supérieure) et musicales (écriture avec Suzanne Demarquez, composition avec André Jolivet). Dans le cours des années 60, il travaille, trois années durant, aux côtés du pionnier Max Mathews, dans les laboratoires de recherches de la Bell Telephone, près de New York, et il se trouve ainsi associé, avec Guttman et Pierce, aux recherches déterminantes de Mathews sur la synthèse des sons par ordinateur.

En 1969, Risset publie ainsi un « catalogue de sons d'ordinateur », fondé sur l'emploi du programme de Mathews Music V, et qui fait date dans cette recherche. On lui doit particulièrement la conception de sons « paradoxaux » basés sur des phénomènes d'illusion acoustique, tels que le son qui semble monter indéfiniment, ou descendre de même ; il les a utilisés lui-même dans sa musique de scène Little Boy (1968, pour une pièce de Pierre Halet sur Hiroshima) et dans l'œuvre pour bande Mutations I (1969), commandée par le G. R. M., une des premières œuvres importantes entièrement synthétisées par ordinateur.

Elle sera suivie d'une série de pièces « mixtes », combinant la bande magnétique (réalisée à partir de sons d'ordinateur) avec des parties instrumentales jouées en direct, dans un style coulant et euphonique, de bonne compagnie : Dialogues (1975), pour flûte, clarinette, percussion et bande ; Inharmoniques (1977), pour soprano et bande ; Moments nextoniens (1977), pour quatuor à cordes, piano, deux trompettes, et bande ; Mirages (1978) ; Songes (1980), pour bande, etc.

En 1976, Jean-Claude Risset prenait la direction du département « ordinateur » de l'I. R. C. A. M. dirigé par Pierre Boulez au centre Pompidou à Paris, mais il devait en démissionner trois ans plus tard. Il est depuis 1985 directeur de recherche au C. N. R. S. Ses recherches et ses œuvres, d'un style plutôt « rassurant », faisant la liaison avec la musique instrumentale postsérielle, ont beaucoup contribué à faire admettre les sons synthétisés par ordinateur à un public plus large. Citons encore Phases pour grand orchestre (1988), Attracteurs étranges pour clarinette et bande (1988), Saxatile pour saxophone soprano et ordinateur (1992), Invisibles pour soprano et ordinateur (1994).