En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Wolfgang Rihm

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur allemand (Karlsruhe 1952).

Il commence ses études musicales par le piano. À partir de 1968-69, il étudie à la Musikhochschule à Karlsruhe : théorie musicale et composition chez E. W. Velte, piano chez I. Slavin et H. Searle. Les conseils de W. Fortner sont d'une importance capitale pour ses recherches de compositeur. En 1970, il fréquente pour la première fois les cours d'été de Darmstadt et plus tard, à la fin de ses études (diplôme de composition à la Musikhochschule à Karlsruhe), il est accepté comme élève par K. Stockhausen. Ses travaux avec Stockhausen en 1972-73, puis avec Klaus Huber à Fribourg-en-Brisgau constituent deux expériences décisives pour la formation de son style personnel. Parallèlement, il suit en musicologie l'enseignement de H. H. Eggebrecht à l'université de Fribourg. De 1973 à 1978, il enseigne la théorie et l'analyse musicale à la Musikhochschule à Karlsruhe. Titulaire de nombreux prix, il séjourne en 1979-80 à l'Académie allemande, villa Massimo, à Rome. Il vit à Fribourg et à Karlsruhe.

Wolfgang Rihm fut d'abord le représentant le plus connu et le plus productif du mouvement de la jeune musique allemande appelé « Nouvelle simplicité ». Son art a ensuite évolué vers un expressionnisme original et violent (Spur pour orchestre, 1985). Opposé à « l'avant-gardiste (des années 50-60) devenu l'académicien d'aujourd'hui », il se déclare « allergique au dilettantisme » et crée une « musique humaine », particulièrement expressive et directement adressée à l'auditeur, parce que « complexe et claire, troublée et passionnée, précise et étonnée comme l'existence humaine ». Après l'intellectualisme exacerbé des avant-gardistes des années 50-60 et l'objectivisme simpliste des postcagiens, la recherche de Rihm se propose « l'expression de différents états in oratio directa », en élaborant une technique compositionnelle particulière qui s'inspire sans gêne des styles antérieurs. Qualifiée souvent, un peu trop à la hâte, de néoromantique ou de néo-expressionniste, l'écriture de Rihm correspond en réalité à sa conception de la musique en tant que « force et énergie immédiatement et physiquement vécues ». L'expérience personnelle et le savoir littéraire participent au même processus créateur qui explore les zones frontières entre le moi et la folie : ses symphonies et ses quatuors à cordes, des œuvres comme l'opéra de chambre Jakob Lenz, Hölderlin-Fragmente, Alexanderlieder, Wölfli-Liederbuch, Tutuguri, l'opéra Œdipus, l'oratorio Missa non est (1989) et Vers une symphonie fleuve III (Stuttgart 1995), témoignent de son intérêt profond pour la subjectivité psychologique non maîtrisable, soigneusement mise entre parenthèses par la tradition structuraliste des années 50-60.