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Sviatoslav Richter

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Pianiste soviétique (Jitomir 1915 – Moscou 1997).

Fils d'un compositeur organiste, qui lui donne ses premières leçons de piano, il se destine d'abord à la composition et à la direction d'orchestre. Après avoir été à quinze ans répétiteur à l'opéra d'Odessa, et chef d'orchestre assistant à dix-huit, il donne, l'année suivante, son premier récital de piano et entre, à vingt-deux ans, au conservatoire de Moscou, dans la classe de Heinrich Neuhaus. À l'orée de sa carrière, il crée, en 1942, la Sixième Sonate de Prokofiev, avec qui il va se lier d'amitié, créant par la suite la Septième, puis la Neuvième (qui lui est dédiée), dirigeant exceptionnellement Rostropovitch lors de la création en 1952 de la Symphonie concertante et publiant en 1961 un livre de souvenirs sur le compositeur. Malgré les différents trophées qu'il remporte (Concours de l'Union des Républiques en 1945, prix Staline en 1949), il n'apparaît sur la scène occidentale qu'en 1960, en Finlande, puis aux États-Unis, où il triomphe.

Depuis lors, grâce à ses tournées régulières et à ses enregistrements, il s'est imposé comme l'un des maîtres du clavier. Musicien d'une vaste culture artistique, Richter enrichit continuellement un répertoire étendu (plus de trente concertos), mettant un point d'honneur à renouveler ses programmes. Délaissant le grand circuit international, il préfère jouer dans quelques lieux privilégiés, comme les festivals d'Aldeburgh et Spolète, ou la Semaine musicale d'Innsbruck et les Fêtes musicales de la grange de Meslay, en Touraine, qu'il fonde en 1964, et qu'il inspire directement depuis. Amateur fervent de chant et de musique de chambre, il a accompagné Élisabeth Schwarzkopf, Dietrich Fischer-Dieskau et Nina Dorliac, sa femme, David Oïstrakh et Mstislav Rostropovitch, etc. Disposant d'une palette sonore infiniment nuancée (réalisée sur des pianos choisis pour leur neutralité) et d'un jeu alliant puissance et pudeur, rigueur et liberté, il crée pour chaque œuvre le rythme intérieur approprié, toujours intensément visionnaire. Il a abordé la mise en scène lyrique en 1983.